En Espagne, une nouvelle loi durcit la condamnation du franquisme


Salut fasciste lors d’un rassemblement devant le cimetière de Mingorrubio, où les restes de Francisco Franco ont été transférés, à la périphérie de Madrid, le jeudi 24 octobre 2019.

En octobre 2019, l’Espagne transférait le cercueil de Francisco Franco de son mausolée du Valle de los Caídos (« la vallée de ceux qui sont tombés »), immense basilique construite à sa gloire par des milliers de prisonniers politiques et renfermant les ossements de plus de 33 000 victimes des deux camps de la guerre civile, vers un petit cimetière municipal. « L’hommage public au dictateur était plus qu’un anachronisme ou une anomalie, c’était un affront à la démocratie espagnole », déclarait alors le chef de l’exécutif, le socialiste Pedro Sanchez, bien décidé à panser les blessures du royaume héritées de quarante ans de dictature. Loin d’en rester là, trois ans plus tard, le gouvernement espagnol continue d’avancer dans la politique de restauration de la mémoire des victimes de la guerre civile (1936-1939) et de la dictature.

Après un vote serré –166 voix pour, 153 contre et 14 abstentions – marqué par de vives controverses, le Parlement espagnol a approuvé, jeudi 14 juillet, le nouveau projet de loi de « mémoire démocratique », une nouvelle loi mémorielle durcissant la condamnation du franquisme. Après un dernier passage au Sénat, celle-ci remplacera la loi de « mémoire historique », qu’avait approuvée en 2007 le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero, en comblant certaines lacunes.

Alors que la loi de 2007 déclarait « illégitimes » les tribunaux franquistes, le nouveau texte proclame le régime instauré par Franco « illégal » et annule toutes les sentences dictées par ses tribunaux pour des délits politiques ou de conscience. Rendant l’Etat responsable de la recherche, l’identification et l’exhumation des restes des disparus de la guerre civile et de la dictature, il prévoit la création d’une liste de victimes, d’une carte nationale des fosses communes ou d’une banque ADN centralisée et l’élaboration de plans pluriannuels visant à accélérer les ouvertures de fosses communes.

Loin d’avoir fait consensus

La loi reconnaît publiquement le rôle des femmes dans la lutte contre le franquisme, la « répression » des langues régionales catalane, basque et galicienne et le « droit à la vérité » des victimes républicaines. Elle élimine trente-trois titres nobiliaires concédés entre 1948 et 1978 par le dictateur aux plus proches collaborateurs du régime, à commencer par le « duché de Franco », pénalise l’exaltation du franquisme, et modifie la loi de secrets officiels pour garantir l’accès aux archives de l’Etat. Elle impose aussi l’étude de la répression franquiste dans les programmes scolaires.

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via LeMonde

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