En Ethiopie, la guerre se rapproche de la capitale Addis-Abeba

Debre Sina est une petite agglomération habituellement paisible, au pied d’un massif montagneux imposant. Sa prise par les rebelles des Forces de défense tigréennes (TDF), confirmée mardi 23 novembre, a amené pour la première fois les bourrasques du vent de la guerre jusqu’à Addis-Abeba. A environ 180 kilomètres plus au sud, la capitale éthiopienne sent désormais la tension monter. Debre Sina avait été identifiée depuis des mois par de nombreux observateurs comme l’ultime pas à franchir avant de mettre Addis-Abeba en danger car la dernière grande ligne de défense des forces fédérales y est installée non loin, en hauteur.

Depuis Debre Sina, les TDF ont continué leur progression vers le « tunnel des Italiens », qui mène au col de Termaber. Leurs premiers éléments s’y sont déployés depuis plusieurs jours. Là-haut, vers les lignes de crête, à environ 3 000 mètres d’altitude, des membres des Forces de défense nationale éthiopiennes (FDNE) commandent l’accès à l’autre versant, en direction du plateau qui mène aux faubourgs de la capitale. Mardi soir, de source diplomatique, des « combats sur la montagne » se poursuivaient, les TDF étant parvenues « presque au col ».

Renforts des deux côtés

Les rebelles tigréens font venir des renforts de leurs troupes (peut-être des dizaines de milliers d’hommes) depuis le nord, en provenance de la région de Dessié. Depuis environ une semaine, ils ont aussi mené un contournement du col de Termaber par l’ouest. La manœuvre ne laisse aucun doute sur leurs intentions de faire sauter ce verrou. En temps normal, Debre Sina n’est qu’à trois heures de route de la capitale.

Dans les semaines écoulées, les TDF ont-ils leurré le pouvoir central éthiopien lorsqu’ils ont annoncé une attaque d’ampleur sur l’autre front, celui de la région Afar (dans l’est) ? Ils affirmaient s’être fixé comme objectif la prise de Mille, une ville qui commande l’axe de ravitaillement de la capitale depuis le port de Djibouti. Là-bas, les rebelles semblent s’être cassé les dents sur les défenses loyalistes de la région. Le camp gouvernemental en a déduit que ses adversaires étaient à la peine. Ils étaient en réalité en train de percer vers Debre Sina.

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Dans le même temps, leurs alliés de l’Armée de libération oromo (ALO) grignotent du terrain, dans leur région, l’Oromia, laquelle enserre Addis-Abeba. Ils ne sont pas encore aux portes de la capitale, mais certains groupes de leurs combattants n’en sont plus très loin, même si leur principal terrain d’action se situe dans une couronne plus éloignée, de l’ouest au nord.

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via LeMonde

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