En Ethiopie, le voile se lève sur les exactions commises au Tigré

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Des hommes se recueillent devant une fosse commune des victimes d’un massacre supposé avoir été perpétré par les soldats érythréens voisins dans le village de Dengolat, au nord de Mekele, la capitale du Tigré, le 26 février 2021.

Alors que la province du Tigré est plongée dans le noir et la violence depuis quatre mois, l’ampleur des dégâts de la guerre qui oppose le gouvernement éthiopien au parti dissident du Front populaire de libération du Tigré (FLPT) apparaît chaque jour plus clairement. Les accès à cette province du nord de l’Ethiopie étant quasiment verrouillés, et les liaisons Internet coupées, les enquêtes internationales s’en sont trouvées singulièrement ralenties.

Mais la haut-commissaire des Nations unies aux droits humains, Michelle Bachelet, a annoncé, jeudi 4 mars, que son bureau avait pu confirmer une série de violations graves qui pourraient constituer des « crimes de guerre et des crimes contre l’humanité » dans la région, perpétrés notamment par des troupes érythréennes.

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Depuis quelques semaines, les rares échos qui parviennent de la province témoignent d’exécutions sommaires, de massacres contre des civils, de bombardements indiscriminés, de viols collectifs ainsi que de pillages à grande échelle. Ainsi, mercredi, l’Agence France-Presse a fait état d’un massacre commis par des soldats érythréens dans le village de Dengolat, qui aurait fait 164 morts fin novembre 2020, tous des civils. Le correspondant de l’AFP a pu interviewer des survivants et voir des fosses communes. L’agence de presse avait obtenu, fin février, l’autorisation exceptionnelle de se rendre au Tigré mais s’est retrouvée sous une intense pression alors que son traducteur local a été arrêté et détenu entre samedi et mercredi.

« Massacre de vingt-quatre heures »

Face aux soupçons persistants de crimes de guerre, le gouvernement américain est sorti de sa réserve. Le nouveau secrétaire d’Etat, Antony Blinken, a demandé mardi à Addis-Abeba de « permettre une enquête internationale complète et indépendante sur tous les rapports de violations des droits humains ». Le Conseil de sécurité de l’ONU a également décidé de se saisir du dossier, en coulisses pour le moment.

Rassemblement en vue d’un recueillement devant la fosse commune des victimes d’un massacre supposé avoir été perpétré par les soldats érythréens voisins dans le village de Dengolat, au nord de Mekele, la capitale du Tigré, le 26 février 2021.

Le 26 février, l’organisation non gouvernementale Amnesty International avait dévoilé un rapport particulièrement alarmant sur un massacre survenu à Aksoum en novembre, accusant des soldats érythréens d’avoir tué des centaines de civils. Le chaos s’est produit les 28 et 29 novembre, lors de la prise de cette ville, l’un des berceaux de la civilisation éthiopienne, par les troupes d’Asmara, intervenant au Tigré pour appuyer l’armée fédérale éthiopienne.

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via LeMonde

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