En Hongrie, Macron joue à la fois « l’adversaire » et le « partenaire » d’Orban

Emmanuel Macron et Viktor Orban, au monastère des Carmélites de Budapest, le 13 décembre 2021.

D’emblée, Viktor Orban a repris mot pour mot le concept qui avait été formulé quelques jours plus tôt par Emmanuel Macron pour justifier son voyage en Hongrie, le premier d’un président français depuis 2007. « Nous sommes des adversaires politiques, mais aussi des partenaires européens », a affirmé le premier ministre nationaliste hongrois en accueillant, lundi 13 décembre, M. Macron au monastère des Carmélites de Budapest, où il a fait déménager ses bureaux, en 2019.

Sourires un peu forcés, poignées de main viriles, mais aussi photo côte à côte sur la magnifique terrasse qui domine le Danube, et même sortie des drapeaux européens que Viktor Orban laisse d’habitude volontiers au placard… Toute la journée a été placée sous ce diptyque pour ces leaders politiques qui rêvent de changer l’Europe dans des directions en théorie opposées et qui doivent affronter des élections, en avril 2022, pour lesquelles chacun sert d’épouvantail à l’autre sur sa scène politique intérieure.

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« Je ne veux pas m’immiscer dans le scrutin hongrois », a promis Emmanuel Macron, ne cessant pourtant d’envoyer des signaux contre celui qui a reçu Marine Le Pen et Eric Zemmour dans ses bureaux, ces derniers mois. Recueillement sur la tombe de la philosophe et opposante Agnes Heller, rencontre avec le leader de la communauté juive très critique d’Orban, Andras Heisler, puis réception des dirigeants de l’opposition dans la résidence de l’ambassadrice de France, comme pouvait le faire François Mitterrand à l’époque communiste…

« Geste formidable »

En visite, dimanche, en Pologne, l’autre pays européen critiqué pour sa dérive antidémocratique, le nouveau chancelier allemand, Olaf Scholz, n’avait pas pris la peine d’envoyer de tels signaux. « En termes diplomatiques, c’est un geste formidable », a d’ailleurs salué Peter Marki-Zay, le candidat désigné par l’opposition hongroise pour affronter M. Orban, en avril. « On lui a dit que personne n’était capable de faire un compromis avec Viktor Orban », a toutefois rappelé la chef du parti libéral Momentum, Anna Donath, alors qu’Emmanuel Macron a défendu toute la journée que des accords étaient possibles en vue de la présidence française du Conseil de l’Union européenne (UE), qui doit commencer début janvier 2022.

« Nucléaire », « autonomie stratégique » et « Europe de la défense » ont été évoqués en premier lieu par les deux dirigeants, très alignés sur ces points malgré leurs divergences politiques. M. Macron a remercié M. Orban pour son engagement dans la « Task Force Takuba », au Mali, et les deux pays ont défendu ensemble que l’énergie nucléaire doit être reconnue favorable à la lutte contre le changement climatique au niveau européen. A la question d’une éventuelle vente d’armes à la Hongrie, M. Macron a affirmé qu’elle n’avait pas été au menu des discussions, mais que cela pourrait être le cas « dans l’avenir ».

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via LeMonde

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