En Irak, des dizaines de milliers de partisans de Moqtada Al-Sadr dans les rues pour réclamer une dissolution du Parlement et des élections anticipées


Des dizaines de milliers de partisans de Moqtada Al-Sadr ont tenu la traditionnelle prière du vendredi dans la « zone verte » ultra-sécurisée à Bagdad, le 5 août 2022.

Nouvelle démonstration de force de Moqtada Al-Sadr en Irak. Des dizaines de milliers de partisans de l’influent politicien ont tenu la traditionnelle prière du vendredi dans la « zone verte » ultra-sécurisée à Bagdad, vendredi 5 août. « Oui, oui à la réforme », « non, non à la corruption », ont scandé les fidèles, alors que le pays continue de s’enliser dans une profonde crise politique.

« Nous soutenons les revendications (…) [de Moqtada Al-Sadr] : la dissolution du Parlement et la tenue d’élections anticipées », a lancé l’imam lors de la prière, deux jours après la première allocution du leader chiite sur le sujet. « L’Irak est prisonnier des corrompus », a accusé l’imam, fustigeant dans son prêche « la criante détérioration des services publics, de la santé et de l’éducation ». Quelques centaines de manifestants sont ensuite retournés aux abords du Parlement, qu’ils occupent depuis le 30 juillet.

Dix mois de crise

Dix mois après les législatives, l’Irak attend toujours la désignation d’un nouveau premier ministre et d’un président de la République. Le scrutin d’octobre 2021 avait été remporté par le courant sadriste, qui, avec ses 73 députés, représentait sa première force politique dans un Parlement fragmenté où aucun camp n’a réussi à construire une majorité claire parmi les 329 élus.

N’étant pas parvenu à rassembler la majorité pour nommer un premier ministre, Moqtada Al-Sadr a fait démissionner ses députés en juin, abandonnant à ses adversaires la tâche de former un gouvernement.

La tension est montée d’un cran quand le leader chiite a rejeté le candidat présenté par ses adversaires, les factions chiites pro-Iran qui forment l’influent Cadre de coordination. Le sit-in des partisans de Moqtada Al-Sadr a été initié le 30 juillet pour protester contre cette candidature.

Les adversaires de Moqtada Al-Sadr favorables à des élections

Capitalisant sur sa capacité à mobiliser les foules, Moqtada Al-Sadr a appelé à la dissolution du Parlement et des élections législatives anticipées. Une dissolution du Parlement doit être actée par un vote à la majorité absolue et peut être demandée par un tiers des députés, ou par le premier ministre avec l’accord du président de la République.

Les adversaires de M. Sadr – qui entretient des relations en dents de scie avec l’Iran chiite – lui ont répondu tard dans la soirée, jeudi 4 août.

« Le Cadre de coordination affirme son soutien à toute voie constitutionnelle pour résoudre les crises politiques et agir dans l’intérêt du peuple, y compris des élections anticipées », a fait savoir l’alliance. Mais toute élection doit se tenir « après avoir atteint un consensus national sur la question et dans un environnement sûr », a-t-elle souligné.

Le président du Parlement, Mohammed Al-Halboussi, a apporté son soutien à des législatives anticipées, estimant sur Twitter qu’il était « impossible d’ignorer la volonté des masses ».

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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