En Irak, le conflit entre organisations chiites tourne à l’avantage de Moqtada Al-Sadr


Lors de l’occupation du Parlement irakien par les partisans du leader populiste chiite Moqtada al-Sadr, à Bagdad, le 1er août 2022.

Pendant plusieurs heures, les Bagdadis ont retenu leur souffle, lundi 1er août, les yeux rivés sur la « zone verte », le quartier des institutions, au cœur de la capitale irakienne. L’organisation de manifestations concurrentes dans ce périmètre par les factions rivales chiites, qui s’opposent sur la formation du gouvernement depuis les élections législatives d’octobre 2021, pouvait dégénérer en confrontation ouverte. La démonstration de force des partisans du chef populiste Moqtada Al-Sadr, depuis le Parlement, et de leurs adversaires du Cadre de coordination, une alliance comprenant notamment des partis milices pro-iraniens, cantonnés derrière les murs d’enceinte de la « zone verte », est restée contenue.

A la tombée de la nuit, après avoir protesté pendant plusieurs heures contre le « coup d’Etat » de Moqtada Al-Sadr, dont les partisans occupent le Parlement depuis samedi pour réclamer la tenue de nouvelles élections et « un changement radical du système politique », les milliers de sympathisants du Cadre de coordination ont commencé à se disperser. Qaïs Al-Khazali, le chef de la Ligue des vertueux (« Asaïb Ahl Al-Haq »), l’un des partis milices composant cette alliance, venait d’appeler, dans un communiqué, à lever le campement. Nonobstant quelques échauffourées avec les forces de sécurité gardant l’accès de la « zone verte », la discipline avait été maintenue au sein du mouvement pour empêcher une incursion dans le quartier des institutions.

Le Cadre de coordination n’a pas mobilisé aussi largement que Moqtada Al-Sadr, dont les partisans ont manifesté en nombre à Bagdad ainsi que dans les provinces du sud chiite. Il n’a pas réussi à lui opposer un front uni. Les appels à la retenue se sont multipliés au sein de l’alliance, divisée sur la réponse à donner aux provocations de M. Al-Sadr. Dans des messages relayés sur les réseaux sociaux, certaines factions ont suggéré qu’elles ne prendraient pas part aux manifestations, à l’instar des Brigades du Hezbollah, une milice proche de l’Iran, et de Hadi Al-Améri, le chef de l’organisation Badr, qui a intimé aux factions rivales de résoudre leurs différends par le dialogue.

Recherche d’un compromis

Jouer de ces divisions est au cœur de la stratégie de Moqtada Al-Sadr pour imposer un compromis qui lui soit favorable. Lundi, un cadre du courant sadriste a répondu à l’appel de M. Al-Améri en lui suggérant de quitter l’alliance et de soutenir l’appel de M. Al-Sadr à une réforme du système. Le message pointait à nouveau un doigt accusateur contre l’ancien vice-président Nouri Al-Maliki, bête noire de Moqtada Al-Sadr, qui est accusé de vouloir dicter ses vues dans la formation du gouvernement et d’inciter à l’escalade contre le chef populiste, avec le chef de la milice de la Ligue des vertueux, Qaïs Al-Khazali.

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via LeMonde

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