En Iran, le Khouzistan gagné par des manifestations antipouvoir

Pour la sixième nuit consécutive, des villes de la province du Khouzistan, dans le sud-ouest de l’Iran, ont été le théâtre, mardi 20 juillet, de manifestations contre la République islamique, sur fond de mauvaise gestion de l’eau par les autorités. Depuis le 15 juillet, des habitants d’Ahvaz, Shadegan, Susangerd et Izeh manifestent, scandant « A bas la dictature » et « Le peuple veut la chute du régime » en arabe, un slogan emblématique des soulèvements qui ont éclaté dans le monde arabe en 2011.

L’accès à Internet sur les téléphones mobiles a été coupé ou très ralenti, la nuit, dans les villes gagnées par les manifestations – une méthode de plus en plus utilisée par les autorités iraniennes pour empêcher le partage d’informations lors des mouvements de protestation.

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Les vidéos publiées sur la Toile, filmées dans le Khouzistan, témoignent d’une répression féroce de la part de la police et des forces antiémeute, qui ont tiré à balles réelles sur la foule. L’organisation Human Rights Activists News Agency, qui documente les violations des droits humains en Iran, fait état d’au moins trois morts, tous de jeunes hommes. Des militants locaux accusent les forces de l’ordre d’être responsables de leur mort. Le gouvernement a confirmé trois décès, les attribuant – comme à son habitude – à des « groupes terroristes » qui « ont infiltré » les manifestations.

Sécheresse inédite

Dans cette province pétrolifère frontalière de l’Irak, les habitants – dont un nombre important est issu de la minorité arabe – se disent marginalisés et discriminés par le pouvoir central, alors qu’ils étaient en première ligne lors de la guerre Iran-Irak (1980-1988) et en ont subi les séquelles. Jadis centre prospère de l’agriculture du pays, le Khouzistan connaît aujourd’hui une sécheresse inédite. Ses habitants souffrent du manque d’eau pour l’irrigation de leurs terrains agricoles et pour alimenter leur bétail, et même pour leur consommation.

« On n’a jamais eu d’eau potable, alors que la ville est bâtie sur le pétrole, la richesse de tout le pays », une habitante de Susangerd, au Khouzistan

Cette année en particulier, à cause de l’augmentation sans précédent des températures (dépassant par endroits les 50 °C), de l’usure des centrales électriques et d’une mauvaise gestion, les villes iraniennes connaissent aussi des coupures d’électricité, les pires depuis la guerre avec l’Irak. Le ras-le-bol contre l’incurie du régime théocratique est tel, dans le pays, que le moindre problème dans les services publics peut donner lieu à une contestation.

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via LeMonde

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