En Iran, une série télévisée discrédite l’équipe de négociateurs sur le nucléaire

Les acteurs iraniens Pendar Akbari et Ashkan Delavari dans la série « Gando ». Photo non datée transmise par l’Institut culturel et artistique Shahid Avini.

Une série télévisée iranienne aux accents très réalistes est depuis quelques semaines l’objet d’une passe d’armes entre l’aile conservatrice du régime et le gouvernement du président, Hassan Rohani. Intitulé Gando (une espèce de crocodile, réputé prédateur habile), ce thriller raconte les opérations menées par les gardiens de la révolution, l’armée idéologique du régime, contre les espions à la solde de Washington au sein de l’entourage du chef de l’Etat.

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L’intrigue se déroule en 2015, en plein pourparlers menés par Téhéran avec les pays occidentaux sur le dossier nucléaire. Un personnage, le conseiller presse des négociateurs iraniens, y est dépeint comme un espion de Washington, qui essaie de se rapprocher de l’un des négociateurs dont le nom, Sabounchi, fait penser au vice-ministre des affaires étrangères, Abbas Araghchi.

« Cri du peuple »

La diffusion de la deuxième saison, commencée au début des vacances du Nouvel An iranien, le 20 mars, a été brusquement interrompue, le 3 avril, au moment même où les signataires de l’accord de 2015 multipliaient les échanges pour ressusciter le « deal », fragilisé par le retrait américain sous la présidence de Donald Trump en 2018 et les multiples violations par l’Iran de ses engagements. Les médias conservateurs, critiques du président Rohani, se sont insurgés de l’arrêt brutal de la série, dénonçant des « pressions » et une censure du gouvernement.

Quelques jours plus tôt, lors d’un débat sur le réseau de chat audio Clubhouse, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, avait qualifié la série Gando de « mensonge (…) du début à la fin ». Sur le réseau social Instagram, le producteur de la série, Mojtaba Amini, lui a répondu : « Gando est le cri du peuple, un cri étouffé dans la gorge… Le mensonge, ce sont les promesses américaines et britanniques sur la levée des sanctions… Le mensonge, c’est la promesse d’une reprise économique [faite par le président Rohani]. »

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via LeMonde

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