En Israël, Benyamin Nétanyahou cherche à profiter de la fatigue électorale

Manifestation contre le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, devant sa résidence à Jérusalem, le 20 mars.

Sous les fenêtres de sa résidence à Jérusalem, des milliers de personnes ont lancé un nouvel adieu au premier ministre, Benyamin Nétanyahou, samedi 20 mars au soir, à trois jours des élections législatives israéliennes. Ils étaient 50 000 selon les organisateurs, soit la plus grande mobilisation depuis des mois, si ce n’est depuis le début du mouvement. Le tintamarre des fanfares, dans la foule, couvre le son d’un concert de rock sur l’estrade. Aucune distanciation physique : c’est un immense corps-à-corps. Voilà un bénéfice de la campagne de vaccination contre le Covid-19 la plus rapide au monde, dirigée par M. Nétanyahou, dont il a fait son principal argument électoral.

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« Que l’accusé se lève ! » La foule moque le procès pour corruption du premier ministre, dont les phases d’audience doivent s’ouvrir quelques jours après le scrutin. Cela fait trente-neuf semaines que ces manifestations durent, une longévité exceptionnelle pour un mouvement social en Israël. Mais à quoi bon ? Une chose est certaine : le parti de M. Nétanyahou, le Likoud, arrivera en tête des élections le 23 mars.

Même scénario depuis deux ans

Certes, aucun sondage ne lui donne une majorité de soixante et un sièges sur cent vingt. Mais il est parvenu à éparpiller son opposition, qui devra négocier longuement, si elle franchit ce seuil, pour former un gouvernement d’alternance. En cas d’échec des deux bords, le pays ira vers un cinquième scrutin. L’usure électorale se fait sentir jusqu’au noyau dur des manifestants. « La prochaine fois, si rien ne change, ces gens n’iront plus voter. Nous sommes fatigués… Mais je ne peux pas rester assis à la maison et pleurer », dit Rafi Taylor, acteur à la retraite, actif parmi les « drapeaux noirs », le groupe le plus structuré du mouvement.

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Israël paraît être tombé dans une faille temporelle : c’est le même scénario qui se rejoue depuis deux ans, à quelques variations près. Les enquêtes d’opinion ont sédimenté depuis avril 2019 : une courte majorité d’Israéliens veut un changement de premier ministre. Mais le « bloc » de M. Nétanyahou résiste, avec l’aide de la droite religieuse et des ultraorthodoxes. « Les électeurs répondent avec constance de la même façon. Mais les partis refusent d’en tirer une conclusion. Ces scrutins sont si irrespectueux du public… C’est un gâchis d’argent en pleine pandémie. Une immense violence », confie la spécialiste des sondages Dahlia Scheindlin, qui anime un podcast de haut vol, « Overdose électorale », pour le quotidien de gauche Haaretz.

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via LeMonde

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