En Italie, la chute sans fin du Mouvement 5 étoiles, miné par les défections

Jusque-là, Federico D’Inca n’avait jamais fait d’histoires. Entré au Parlement en 2013 sous les couleurs du Mouvement 5 étoiles (M5S), il avait été de toutes les victoires de la formation antisystème créée en 2009 par le comique Beppe Grillo et l’informaticien Gianroberto Casaleggio. Durant la première législature (2013-2018), il a connu le temps de l’opposition systématique. Puis, en 2018, il y eut l’alliance avec la Ligue, de Matteo Salvini (extrême droite), avant la volte-face l’année suivante et l’accord avec la gauche, qui lui vaudra un poste de ministre chargé des relations avec le Parlement. En 2021, Federico D’Inca a même donné sa bénédiction à l’homme incarnant l’opposé de tout ce que prônait le M5S des origines, l’ancien président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, conservant ainsi ce poste stratégique au gouvernement.

Un an et demi plus tard, toujours sans discuter, il a obéi malgré ses réticences à la ligne du parti lorsque celui-ci a soudain retiré sa confiance à M. Draghi, provoquant une crise gouvernementale et des élections anticipées. Bref, en neuf ans de vie parlementaire, cet analyste informatique originaire du nord de la Vénétie, apprécié pour son calme et sa pondération (deux qualités rares au sein du M5S), a accepté sans barguigner les mille et une volte-face d’un mouvement qui semblait s’être progressivement dissous dans l’« establishment » qu’il était censé combattre.

Mais lundi 1er août, c’en était trop : avec une poignée d’anciens parlementaires issus du M5S, celui-ci a repris sa liberté et annoncé la création d’une nouvelle formation baptisée « Ambiente 2050 », assurant qu’il ne pouvait plus continuer à prendre part à une formation dont il ne partage plus les valeurs et ouvrant la porte à une alliance avec la gauche. En cause, selon lui, la décision « irresponsable » de provoquer la chute du gouvernement Draghi, le 21 juillet.

Eloge de la « force de la précarité »

Pourquoi cette soudaine prise de conscience ? Sans doute celle-ci couvait-elle depuis longtemps, mais un facteur semble avoir accéléré les choses : le 30 juillet, dans un post publié sur son blog dans lequel il fait l’éloge de la « force de la précarité » et compare les difficultés de son parti à une attaque de « zombies », Beppe Grillo a définitivement fermé la porte à la possibilité d’exercer un troisième mandat pour les parlementaires M5S. Federico D’Inca, comme les autres députés M5S ayant fait part de leur volonté de le suivre, arrive au terme de leur deuxième législature…

Il vous reste 31.19% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

via LeMonde

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

#LuBess