En Italie, la énième mue du Mouvement 5 étoiles

Le dirigeant du Mouvement 5 étoiles Vito Crimi (au centre), à l’issue d’une rencontre avec Mario Draghi, le 6 février à Rome.

Le deuxième vote ne faisait aucun doute et, sans surprise, son résultat a été en tout point conforme à celui organisé la veille au Sénat. Jeudi 18 février, après une nouvelle journée harassante de débats, Mario Draghi a obtenu la confiance de la Chambre des députés italienne, par une majorité plus que confortable (535 oui, 56 non et 5 abstentions), achevant enfin le long processus permettant de donner naissance à un gouvernement de plein exercice.

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Mercredi, au Sénat, le nouveau président du conseil avait été l’attraction de la journée, chacun scrutant la moindre des expressions du nouveau venu pendant les douze heures qu’il a passées en tribune. Cette fois-ci, devant les députés, la situation était un peu différente. Le charme de la nouveauté a-t-il commencé à se dissiper ? Sans doute un peu. Mais surtout, la principale attraction de la journée était ailleurs, et les regards des observateurs se sont principalement dirigés, durant toute la séance, vers les tribunes du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), théâtre d’un énième psychodrame.

Avant même le commencement des travaux, le chef politique du Mouvement, Vito Crimi, avait tenté de resserrer les rangs chez les parlementaires, en annonçant que les 15 « frondeurs » qui, la veille, n’avaient pas voté la confiance au Sénat seraient exclus du M5S. Sans doute les menaces ont-elles contribué à calmer certains hésitants, mais elles n’auront pas suffi à restaurer l’unité. Au total, entre les votes « non », les abstentions et les absents non excusés, 30 députés grillinistes ont refusé de répondre « oui » à la question de confiance. Dès lors, leur exclusion paraît acquise. Les proscrits vont-ils créer un nouveau groupe, qui pourrait dans les prochaines semaines voir grossir ses rangs de nouveaux « déçus », ou viendront-ils grossir les rangs du « groupe mixte » (les non-inscrits) qui abrite déjà des dizaines de transfuges de la formation antisystème ? C’est la principale inconnue du moment.

Si la saignée opérée dans les rangs des « 5 étoiles » est importante, elle ne constitue en réalité que l’accélération d’un phénomène observé depuis le début de la législature. Au terme des élections de 2018, la formation antisystème comptait 228 députés et 112 sénateurs. Trois ans après, de démissions en exclusions, elle n’en compte plus que 190 et 77.

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Mécanique pas inédite

L’ampleur du mouvement peut surprendre, mais une telle mécanique est tout sauf inédite. C’est même une des constantes les plus immuables du parlementarisme italien que de voir chaque législature se dérouler au rythme des scissions et des changements d’affiliation. Durant la précédente législature (2013-2018), tous les records d’instabilité avaient été battus, avec pas moins de 546 changements de groupe enregistrés : 310 à la Chambre des députés et 236 au Sénat. L’actuelle législature avait été pour l’heure un peu plus tranquille. Néanmoins, entre les élections de 2018 et le début de l’actuelle crise de gouvernement, qui a ouvert une nouvelle phase de recomposition, pas moins de 147 changements d’affiliation avaient été relevés.

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via LeMonde

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