En Italie, Mario Draghi pousse la Ligue  à accepter l’« irréversibilité de l’euro »

Le nouveau présient du conseil  italien, Mario Draghi, préside sa première réunion du cabinet des ministres, après la cérémonie de prestation de serment, au palais Chigi, à Rome, le 13 février. Le nouveau présient du conseil  italien, Mario Draghi, préside sa première réunion du cabinet des ministres, après la cérémonie de prestation de serment, au palais Chigi, à Rome, le 13 février.

Il est des politiques qui entendent asseoir leur position en saturant l’espace médiatique, et d’autres qui préfèrent miser sur la rareté, pour que la moindre parole ait ainsi plus de poids. De toute évidence, le nouveau président du conseil italien Mario Draghi appartient à la seconde espèce, qu’on croyait disparue corps et âme en Italie depuis plusieurs années, du fait du développement des talk-shows en continu et des réseaux sociaux.

Mercredi matin au Sénat, lorsqu’il a pris la parole pour le vote de confiance qui marquait sa véritable entrée dans l’arène parlementaire, beaucoup d’Italiens connaissaient encore à peine le son de sa voix ; le soir où il avait officiellement accepté la charge de président du conseil, vendredi 12 février au palais du Quirinal, Mario Draghi s’était borné à lire la composition de son gouvernement, sans faire le moindre commentaire.

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Aussi l’auditoire était-il particulièrement attentif lorsque l’ancien président de la Banque centrale européenne a commencé la lecture de son discours, malgré le froid polaire régnant dans l’hémicycle (les fenêtres étaient grandes ouvertes en raison du protocole sanitaire). L’issue du vote ne faisant aucun doute – Mario Draghi a obtenu 262 oui contre 40 non et deux abstentions –, l’essentiel était ailleurs : il s’agissait surtout, ici, de faire passer son message et de rappeler les fondamentaux qui guideront son action, sans mettre au jour de façon trop évidente les inévitables contradictions internes traversant son exécutif – s’agissant d’un gouvernement rassemblant l’ensemble du champ politique, de la gauche à l’extrême droite, le contraire aurait été impossible.

Rappel de l’urgence climatique

Dès les premières minutes de son intervention, trois axes apparaissent clairement : l’urgence de la lutte contre la pandémie, avec un accent porté sur la campagne de vaccination, l’impératif de « reconstruction » du pays, par la réalisation d’un effort collectif comparable à celui de l’après-guerre, et le caractère indiscutable de l’engagement européen : « Soutenir ce gouvernement signifie accepter l’irréversibilité de l’euro. » Assis à la droite du président du conseil pendant tout le discours, le ministre du développement économique Giancarlo Giorgetti, chef de la délégation de la Ligue (extrême droite) au sein du nouvel exécutif, sait que le message est expressément dirigé vers son parti. Durant tout ce passage, il n’esquisse pas le moindre geste. Sa présence est suffisamment parlante pour symboliser le virage du parti de Matteo Salvini, naguère farouchement opposé à l’euro, sur la question européenne.

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via LeMonde

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