En Libye, le maréchal Haftar annonce sa candidature à la présidentielle

Le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’Est libyen, a annoncé, mardi 16 novembre, être candidat à l’élection présidentielle prévue le 24 décembre. « Je déclare ma candidature (…), non pas parce que je cours après le pouvoir, mais pour conduire notre peuple en cette période cruciale vers la gloire, le progrès et la prospérité », a-t-il déclaré de son fief de Benghazi, dans un discours retransmis en direct à la télévision. Cette candidature, soutenue par des acteurs régionaux influents, comme l’Egypte et les Emirats arabes unis, suit de deux jours celle de Saïf Al-Islam Kadhafi, le fils de l’ancien dictateur Mouammar Kadhafi.

Le maréchal Haftar, 77 ans, s’était retiré à la fin de septembre – provisoirement – de ses fonctions à la tête de l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL), comme le stipule la loi électorale, pour pouvoir se présenter à la fonction suprême. La loi en question lui permet de retrouver son poste à l’armée s’il n’est pas élu.

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Le maréchal, accusé par ses adversaires de vouloir instaurer une dictature militaire, cherche à conquérir le pouvoir par les urnes après l’échec retentissant de son aventure militaire aux portes de Tripoli, siège du gouvernement reconnu par l’Organisation des Nations unies (ONU), en 2019. Ses troupes avaient été repoussées en juin 2020 par les forces rivales aidées militairement par la Turquie. En octobre 2020, un cessez-le-feu avait été signé et, en mars 2021, un gouvernement installé sous l’égide de l’ONU avait été chargé de mener la transition d’ici aux élections législatives et présidentielle du 24 décembre.

Vingt ans d’exil

Originaire de Cyrénaïque (est), M. Haftar est sorti de l’ombre au début de la révolte de 2011, à laquelle il a pris part. Quatre décennies plus tôt, ce soldat, formé en Union soviétique, avait adhéré au coup d’Etat militaire de 1969 qui avait renversé la monarchie des Senoussi et porté Kadhafi au pouvoir. Il participe à la guerre tchado-libyenne (1978-1987) mais est fait prisonnier. Le Guide affirme alors que le général ne fait pas partie de son armée.

Les Américains parviennent à le libérer lors d’une opération qui reste une énigme et lui accordent l’asile politique. Aux Etats-Unis, il rejoint l’opposition libyenne. Après plus de vingt ans d’exil, M. Haftar retourne en mars 2011 à Benghazi. Peu après la chute de Kadhafi, tué en octobre 2011, environ 150 officiers et sous-officiers le proclament chef d’état-major, une nomination jamais officialisée.

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La constitution d’une force paramilitaire, l’ANL – rebaptisée plus tard « Forces armées arabes libyennes » –, a fait de lui l’homme fort de la Cyrénaïque et un acteur incontournable de la crise. Lâché ensuite par certaines tribus puissantes qu’il avait ralliées à sa cause, et par certains de ses soutiens étrangers, M. Haftar s’était fait discret à mesure que la voie politique prenait le dessus sur l’option militaire.

Depuis la chute du régime de Kadhafi, le pays pétrolier est en proie à des violences sanglantes et à des luttes entre pouvoirs rivaux dans l’est et l’ouest du pays. Dans son discours, mardi, M. Haftar a affirmé que l’élection de décembre était « le seul moyen pour sortir la Libye du chaos ».

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Le Monde avec AFP

via LeMonde

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