En présence des Russes, des réunions du G20 percutées par la guerre en Ukraine


La secrétaire au Trésor, Janet Yellen, le 13 avril à Washington.

La stratégie américaine contre la Russie comporte depuis deux mois un volet diplomatique important, au-delà des sanctions économiques et du soutien militaire apporté à l’Ukraine. Il s’agit de rendre Moscou infréquentable sur le plan international. C’est ainsi que s’explique la décision de la secrétaire au Trésor, Janet Yellen, de boycotter plusieurs réunions multilatérales prévues cette semaine à Washington, dans le cadre du groupe du G20. En refusant tout retour à la normale, dans la perspective du sommet prévu à la mi-novembre en Indonésie, l’administration Biden veut placer les Etats concernés devant leurs responsabilités. Mais ni la Chine ni l’Inde ne la suivent dans sa volonté de transformer la Russie en paria. Et la présidence indonésienne a clairement refusé d’exclure Moscou des rencontres.

La décision de Mme Yellen apparaît donc essentiellement symbolique. La responsable américaine a bien participé, mercredi 20 avril, à la session d’ouverture, en présence de son homologue ukrainien, Serhii Martchenko, invité exceptionnel. Puis, au moment où devait intervenir le ministre russe des finances, Anton Silouanov, par lien vidéo, Janet Yellen s’est levée et a quitté la pièce, accompagnée entre autres par la vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, et la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde. A distance, d’autres ministres et gouverneurs de banques centrales ont éteint leur caméra. Une nouvelle fois, Américains et Européens ont voulu présenter un front uni face à la Russie. M. Silouanov se trouve sur la liste des sanctions américaines, en tant que membre du Conseil de sécurité de son pays.

Interrogé le 23 mars sur une éventuelle exclusion de la Russie du G20, le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan, avait mis en avant la nécessaire coordination avec les alliés des Etats-Unis. Il avait ajouté qu’il ne pouvait être question d’un « business as usual pour la Russie dans les institutions internationales et dans la communauté internationale ». Le lendemain, à Bruxelles, le président Joe Biden précisait que, si l’exclusion de la Russie au G20 « ne pouvait se faire » en raison de l’opposition de certains Etats, alors il faudrait que l’Ukraine puisse participer aux réunions.

Difficile consensus

Contrairement au format G7, qui regroupe des pays proches des Etats-Unis et affiche davantage de cohésion, le G20 représente une enceinte plus diverse et moins politiquement unifiée, où Washington ne peut imposer facilement ses vues, avec ses alliés européens. Après l’annexion de la Crimée par la Russie, en 2014, cette dernière avait été mise à l’écart du G8, devenu G7, mais pas du G20, bien plus divisé sur la question. Malgré la gravité et l’ampleur des crimes de guerre commis par la Russie en Ukraine, les nombreux échanges diplomatiques intervenus entre les capitales ces dernières semaines n’ont pas permis de faire émerger un consensus.

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via LeMonde

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