En Slovaquie, le pape François appelle à « l’intégration » des Roms

Le pape François lors de sa visite à Lunik IX, le plus grand ghetto rom d’Europe, à Kosice, en Slovaquie, le 14 septembre 2021.

Sur les toits des grands immeubles ravagés, des tireurs d’élite ont été postés, et les forces de sécurité sont présentes en nombre. Autour de chaque édifice, des grillages temporaires renforcés de policiers ont cantonné chez eux les habitants qui ne s’étaient pas inscrits pour l’événement. Beaucoup ont préféré se poster aux fenêtres – pourvues, ou non, de vitres –, pour tenter d’apercevoir le pape François. D’autres, venus des alentours, étaient à distance de l’estrade, dressée pour accueillir le chef de l’Eglise catholique. Bienvenue à Lunik IX, réputé être « le plus grand ghetto rom d’Europe », dans la périphérie de Kosice, la deuxième plus grande ville de Slovaquie.

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François a choisi cet endroit symbolique pour dénoncer, mardi 14 septembre, la condition de ces populations, en Slovaquie et au-delà, ainsi que le rejet dont elles sont souvent victimes, et plaider pour leur intégration. Au deuxième jour de sa visite dans ce pays d’Europe centrale, il s’est rendu dans cette cité enclavée, où quelque 4 300 personnes d’origine rom s’entassent dans plusieurs barres d’immeubles.

Les Roms du ghetto Lunik IX, à Kosice, en Slovaquie, attendent l’arrivée du pape François, le 14 septembre 2021.

Construites dans les années 1970 pour des populations mixtes, elles ont rapidement concentré une grande majorité de Roms. Faute d’infrastructures dignes de ce nom et d’entretien, leur état n’a cessé de se dégrader depuis trente ans. Il n’y a pas de gaz, peu d’eau courante et d’électricité, les façades sont noirâtres et abîmées. Le chômage est la règle, les emplois l’exception.

Il s’agit du plus grand des bidonvilles dans lesquels sont relégués les plus déshérités des Roms slovaques, qui comptent pour quelque 9 % des 5,5 millions d’habitants du pays. En résumé, un concentré des « périphéries », ces marges sociales que le pape argentin rencontre systématiquement lors de ses déplacements.

« Mettre les personnes dans un ghetto ne résout rien »

Sonia, une femme d’une quarantaine d’années, est heureuse de la venue du chef de l’Eglise catholique. Elle croit qu’il fera en sorte « que les gens [les] voient » et « qu’il fasse cesser le racisme quand il s’agit » des Roms. « C’est bien que le successeur de saint Pierre choisisse de venir dans ce genre de communauté, et pas seulement dans celles qui sont plus glamours », commente quant à lui Miroslav, un bénévole enrôlé dans le service d’ordre, qui vit dans les environs.

« Trop souvent, vous avez été l’objet de préjugés et de jugements impitoyables, de stéréotypes discriminatoires, de paroles et de gestes diffamatoires » François

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via LeMonde

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