En Suède, un coup de froid relance le débat sur le nucléaire

Le réacteur Ringhals 1 (ici en juin 2012), au sud de Göteborg, sur la côte ouest de la Suède, a cessé son activité le 31 décembre 2020.

Une étincelle suffit pour relancer le débat sur le nucléaire en Suède. Cette fois, c’est la chute brutale du mercure en janvier qui a mis le feu aux poudres. Contrairement aux Texans, les Suédois n’ont jamais manqué d’électricité. Mais la baisse soudaine de la production, à un moment où la consommation montait en flèche, a forcé le pays à se tourner vers ses voisins, pour leur acheter une électricité pas toujours très propre, à des prix record. Favorable à l’atome, la droite a immédiatement réagi vivement. Le leader conservateur Ulf Kristersson est allé jusqu’à affirmer que son pays vivait « une crise électrique », imputée au démantèlement de son parc nucléaire.

Depuis 1999, six des douze réacteurs du pays ont été fermés. Le dernier, Ringhals 1, au sud de Göteborg, sur la côte ouest, a cessé son activité le 31 décembre 2020, douze mois exactement après son jumeau, Ringhals 2. Ensemble, ils produisaient 11,8 térawatts-heure (TWh) d’électricité en 2019, soit un peu plus de 7 % de la production nationale.

Un an après l’accident de Three Mile Island, survenu aux Etats-Unis en mars 1979, les Suédois s’étaient prononcés par référendum en faveur de l’abandon progressif du nucléaire. Il faut dire que les trois solutions alternatives proposées lors la consultation allaient toutes en ce sens. Le Parlement avait fixé 2010 comme date butoir.

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Cependant, cette année-là, les députés ont fait machine arrière et approuvé la construction de nouveaux réacteurs, à condition de ne pas dépasser le nombre de ceux alors en activité. Deux avaient déjà fermé. Il en restait dix, fournissant environ 40 % de l’électricité en Suède, contre 50 % quelques années plus tôt.

« Nous devons utiliser toutes les sources d’énergie »

Depuis, quatre autres ont cessé leur activité. Aujourd’hui, le nucléaire représente moins de 30 % du mix énergétique. L’hydraulique assure un peu plus de 40 % de la production, tandis que l’éolien est passé de 3,5 TWh en 2010 à 27 TWh dix ans plus tard (16 %) et 35 TWh annoncés d’ici à 2023. Une hausse qui a permis à la Suède de tripler ses exportations entre 2010 et 2020.

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Toutefois, en fonction des prix chez ses voisins, il lui arrive aussi régulièrement d’importer de l’électricité. Début 2021, le royaume n’a pas eu le choix. « En plus du froid, qui a fait augmenter la consommation, le manque de vent a réduit drastiquement la production », explique Pontus de Maré, directeur des opérations auprès du gestionnaire du réseau électrique suédois (Svenska kraftnät).

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via LeMonde

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