En Ukraine, le retour en grâce du général Marchenko, héros de Mykolaïv


Le général Dmytro Marchenko, à Mykolaïv (Ukraine), le 2 août 2022.

Dmytro Marchenko est de retour. Dans la ville de Mykolaïv, bombardée sans relâche, l’arrivée du général major des forces armées ukrainiennes qui avait assuré la défense de cette cité du sud de l’Ukraine, en février et en mars, a été célébrée par une partie de la population et des personnalités locales. « Marcello », de son nom de guerre, a les cheveux rasés et des yeux bleu vif qui fixent ses interlocuteurs. C’est un personnage massif, calme, très demandé. Les soldats qu’il croise dans l’avenue principale d’un quartier du centre réservé aux militaires, bloqué à toutes ses entrées par des checkpoints, le saluent avec respect.

Depuis le 27 juillet, Dmytro Marchenko est chargé de la coordination entre l’administration régionale de Mykolaïv et les forces armées ukrainiennes dans le cadre de la contre-offensive sur l’oblast de Kherson, occupé par la Russie dans les premiers jours de la guerre. Un retour en grâce rendu possible, semble-t-il, après que l’ex-président ukrainien, Petro Porochenko, qui l’a toujours soutenu, et son successeur, Volodymyr Zelensky, paraissent s’être accordés sur une trêve dans leur guerre politique. Quatre mois plus tôt, en avril, le général était en effet retourné à Kiev, après avoir été remplacé.

Ce mardi 2 août, dans le bâtiment de l’administration régionale soufflé par une explosion en mars, le militaire ne s’embarrasse pas de pointer les faiblesses du discours officiel. « Cela fait quelque temps que nos autorités, à Kiev, ont commencé à parler d’une contre-offensive pour libérer les territoires occupés, lâche-t-il, accoudé à la table sur laquelle repose une roquette russe. Nous comprenons cette ambition et nous la partageons. Mais nous, nous prenons en compte la réalité de la situation sur le terrain : pour lancer une contre-offensive, il nous faudrait tripler le nombre de soldats, d’avions et de système d’artillerie. » Or, poursuit-il, « je ne veux pas envoyer mes soldats se faire tuer inutilement pour une attaque contre des positions qui sont aujourd’hui très bien équipées ».

Rien n’était prêt

Il connaît le terrain. Le 25 février, au deuxième jour de l’invasion lancée par le Kremlin, le général avait été envoyé par le commandant en chef des forces armées d’Ukraine, Valeri Zaloujny, afin de contrer les forces russes. La défense de la ville, marquée par de lourdes pertes militaires et civiles, s’était achevée par le retrait des troupes du Kremlin de la quasi-totalité de la région. Cette victoire avait résonné comme une revanche pour Dmytro Marchenko. Avant l’invasion, l’homme étudiait au sein de l’université nationale de défense de l’Ukraine Ivan-Chernyakhovsky, après être « tombé » dans une affaire politique dont l’Ukraine a le secret.

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via LeMonde

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