Enfermée par la politique zéro Covid, la Banque asiatique d’investissement va ouvrir des bureaux hors de Chine

C’est un tournant pour la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB, en anglais) : l’institution créée, en 2016, par la Chine pour concurrencer la Banque mondiale va ouvrir ses premiers bureaux hors de l’empire du Milieu, à Abou Dhabi, capitale des Emirats arabes unis. « Le conseil d’administration a approuvé l’établissement d’une plate-forme opérationnelle par intérim, les premiers bureaux internationaux de la banque », a indiqué l’institution dans un communiqué, le 7 juillet. Ces premiers locaux hors de Chine sont présentés comme une étape, « dans le but d’acquérir de l’expérience avant d’établir une présence internationale à long terme de l’AIIB », d’où le terme d’« intérim ». La banque envisage d’ouvrir six autres bureaux.

D’après l’institution, « la croissance rapide est le catalyseur pour ouvrir de nouveaux bureaux, qui aideront la banque au plus près de ses clients et du front pour son activité ». L’AIIB met en avant le passage de 57 à 105 membres, et ses 181 projets en cours dans 33 pays membres. Mais un autre élément entre en jeu : la politique zéro Covid, appliquée strictement par la Chine depuis deux ans et demi, qui implique la quasi-fermeture des frontières. Seuls 2 % des vols internationaux sont assurés par rapport à 2019, et les voyageurs doivent subir dix jours de quarantaine. Un progrès : jusqu’à la fin juin, les quarantaines pouvaient durer jusqu’à un mois. Difficile, dans ces conditions, d’aller inspecter des projets et de rencontrer les partenaires de la banque de développement. A titre de comparaison, Abu Dhabi autorise les entrées des personnes munies d’une preuve de vaccination ou d’un test Covid négatif, sans isolement.

Changement de politique

Comme la plupart des multinationales installées en Chine, la banque a du mal à recruter des talents étrangers, rapporte le Wall Street Journal, qui cite des sources internes. Courant 2020, le président de l’AIIB, l’ancien vice-ministre des finances chinois Jin Liqun, avait exigé que tous les employés, éloignés par les premiers mois de la pandémie, reviennent à Pékin. Depuis, l’institution a changé de politique, les autorisant à travailler à distance. Etablir des bureaux à l’étranger permettra de formaliser cette situation.

La Chine est le dernier pays engagé dans une stratégie zéro Covid, de plus en plus coûteuse face à des variants plus contagieux. Au printemps, Shanghaï et des dizaines d’autres villes ont connu des confinements drastiques. Résultat, le pays est de plus en plus isolé sur la scène internationale : son dirigeant ne l’a pas quitté depuis le début de la pandémie. Faute de visibilité pour une ouverture du pays, la COP15 sur la biodiversité, qui devait se tenir à l’automne, aura lieu au Canada, et la Confédération asiatique de football cherche un remplaçant pour accueillir la Coupe d’Asie en juin 2023, après le retrait de la Chine.

via LeMonde

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