Engagé militairement face aux djihadistes au Mozambique, le Rwanda élargit sa zone d’influence

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Un soldat rwandais à Palma, dans le nord du Mozambique, le 22 septembre 2021.

Devant l’entrée de l’hôtel Amarula, un bout de chaussure dépasse sous une couche de sable et de feuilles de manguiers. C’est là qu’ont été enterrées à la va-vite une dizaine de personnes décapitées, dont des expatriés, rattrapées par les djihadistes alors qu’elles tentaient de fuir l’attaque de la ville de Palma, dans le nord du Mozambique, en mars. Un exemple parmi tant d’autres des atrocités perpétrées par les insurgés de la province du Cabo Delgado, qui ont laissé derrière eux une région totalement dévastée.

La prise meurtrière de Palma, le 24 mars, a braqué les projecteurs du monde entier sur l’insurrection des islamistes d’Ansar al-Sunna, connus localement sous le nom de « Chabab », passés à la lutte armée en 2017. Un mois plus tard, le géant français de l’énergie Total évoquait un cas de « force majeure » pour interrompre son mégaprojet gazier évalué à plusieurs milliards d’euros et situé à 10 km seulement de Palma, dans la péninsule d’Afungi.

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Aujourd’hui, la zone est quadrillée par les forces mozambicaines et rwandaises. En juillet, Kigali a en effet envoyé un millier de militaires et de policiers pour aider Maputo à lutter contre le groupe djihadiste affilié à l’Etat islamique (EI). Ils sont déployés dans les districts de Palma et de Mocimboa da Praia, où ils ont récemment revendiqué la reconquête de plusieurs bastions des insurgés.

« Ceci montre ce que nous sommes capables de faire avec des ressources limitées », a déclaré le président rwandais, Paul Kagame, en déplacement dans le Cabo Delgado, samedi 25 septembre, devant plusieurs médias – dont Le Monde Afrique – conviés à visiter les villes et villages reconquis. Son homologue mozambicain, Filipe Nyusi, est quant à lui resté prudent : « Aujourd’hui, nous ne célébrons pas une victoire. Nous entrons dans une phase de consolidation », a-t-il précisé lors d’une conférence de presse.

A Palma, six mois après l’attaque, la vie reprend peu à peu parmi les décombres. Un petit marché a rouvert au milieu des stations essence détruites, des banques saccagées et des bâtiments en ruine. « On essaye de trouver des produits et de les vendre pour survivre. Mais les prix ont beaucoup augmenté. La paix revient, mais pas l’argent », souffle Amhadi devant son petit stand, déplorant la perte de nombreux membres de sa famille, tués ou partis se réfugier ailleurs.

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via LeMonde

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