Entre coup de bol et mauvaise fortune, les tribulations d’un ingénieur français aux Etats-Unis

Arthur Papailhau

Pour les jeunes Français qui veulent tenter leur chance aux Etats-Unis, il y a trois possibilités : obtenir un visa de stagiaire (J-1); s’inscrire dans une université et demander un visa OPT (stages pratiques optionnels) qui permet de rester sur le territoire un an après la fin de ses études; ou se faire recruter par une entreprise américaine qui a des bureaux en Europe, dans l’espoir d’être transféré au siège. C’est cette troisième option qui a permis à Arthur Papailhau, 27 ans, un passionné d’informatique originaire du Var, de s’installer au pays de ses rêves : la Californie.

Après ses études à l’Institut national des sciences appliquées (INSA) de Toulouse, le jeune ingénieur a réussi à être embauché par Uber à Amsterdam, en 2017. « J’avais bombardé les recruteurs de centaines de messages sur LinkedIn. Quand je suis arrivé, ils me connaissaient tous », rigole-t-il. Deux ans plus tard, il débarquait à San Francisco. Pour tout dire, il a d’abord été un peu déçu par la Silicon Valley. Il croyait la capitale de la tech « pleine de gens passionnés qui passent leur temps dans des hackathons [marathons de programmation] ». En fait, il a constaté que dans les grandes entreprises, tout le monde ne travaille pas d’arrache-pieds.

Six mois après son arrivée, la pandémie l’a cueilli à froid. En mars 2020, la Californie a été le premier Etat à imposer un confinement général. Dans les mois suivants, Uber a licencié 6 700 employés. « Pour la première fois de ma vie, j’ai été vraiment stressé, raconte Arthur. Si j’étais viré, je perdais mon visa, et c’en était fini de la Californie. » A l’époque, il n’avait que le visa L-1, celui qui rattache à une entreprise et ne permet pas d’en changer.

Retour périlleux

Par chance, Arthur avait choisi à son arrivée un poste chez Uber Eats : la branche de livraison de repas a explosé pendant le lockdown. Mais, même dans son équipe, il y a eu des licenciements. La firme a offert aux employés des séances de psychothérapie : une pratique courante dans les entreprises technologiques où le burn-out est fréquent, et le décalage culturel, une source potentielle de conflits entre collègues venus de tous les continents.

Arthur a tenu jusqu’à l’été. Il s’est joint à un groupe de fitness sur Zoom et a entrepris de s’initier au trading. Avec succès : son portefeuille, composé à moitié de cryptomonnaie a bondi de 145 % en un an. Le 4 juillet, il a fait 38 kilomètres à vélo, de l’autre côté du pont du Golden Gate. En août – au diable le travel ban – il a pris l’avion pour Paris et rejoint sa famille à Bandol (Var).

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via LeMonde

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