Entre les deux Corées, un rapprochement dans l’urgence

Depuis des décennies, les deux Corées, théoriquement toujours en état de guerre, enchaînent des phases de confrontation et de rapprochement. Depuis l’annonce, faite conjointement par le Nord et le Sud, du rétablissement de leurs canaux de communication le 27 juillet, date anniversaire de l’arrêt des hostilités de la guerre de Corée (1950-1953) – à la suite de la signature d’un armistice qui ne fut jamais suivi d’un traité de paix –, la péninsule entre dans une nouvelle phase de « restauration de la confiance mutuelle », a déclaré le président sud-coréen, Moon Jae-in.

Les enjeux diplomatiques sous-jacents au rapprochement intercoréen sont importants, car celui-ci pourrait ouvrir la voie à une reprise du dialogue entre les Etats-Unis et la République populaire démocratique de Corée (RPDC). En 2018, les avancées du dialogue Nord-Sud avaient grandement facilité le premier sommet entre le président Donal Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, à Singapour. Pour l’instant, la perspective d’une reprise du dialogue entre les Etats-Unis et la RPDC reste floue.

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En revanche, ce qui est plus clair, c’est l’urgence, ressentie au Nord comme au Sud, de relancer le dialogue intercoréen, rompu en juin 2020 à la suite du dynamitage, par le régime de Pyongyang du bureau de liaison entre les deux Corées, situé à Kaesong, en RPDC. Etaient-ce des représailles contre le Sud, jugé responsable par Pyongyang de l’échec des pourparlers entre Donald Trump et Kim Jong-un lors de leur second sommet, à Hanoï, en février 2019 ? En partie. La RPDC était surtout frustrée du gel par Séoul des projets intercoréens à la suite du fiasco du second sommet.

Mandat non renouvelable

Des ballons chargés de tracts contre le régime lancés depuis le Sud par des activistes furent le prétexte du mouvement d’humeur de Pyongyang contre le symbole de la détente intercoréenne. Par la suite, les communications entre les voisins n’ont pas été matériellement rompues, mais le Nord refusait de répondre aux appels de Séoul. Et les relations entre les deux Corées étaient tombées à leur niveau le plus bas, alors qu’en 2018, leurs dirigeants s’étaient rencontrés à trois reprises.

Désormais, le temps presse. Le mandat non renouvelable du président Moon, qui a fait du rapprochement Nord-Sud le cheval de bataille de sa politique, s’achève en mars 2022. Fragilisé par des revers électoraux et une popularité en déclin, il cherche à sauver ce qui peu l’être de son grand projet de « paix durable dans la péninsule », afin de renforcer les chances d’un candidat de la même tendance politique que lui lors de l’élection présidentielle.

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via LeMonde

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