Entre Paris et Moscou, des retrouvailles à couteaux tirés

Le ministre russe des affaires étrangères, Sergei Lavrov, à la Maison de la Chimie, à Paris, le 12 novembre 2021.

L’afflux de migrants à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne s’est invité à la dernière minute dans les discussions, comme pour tendre encore une rencontre qui promettait déjà d’être explosive. Les gouvernements français et russe ont relancé, vendredi 12 novembre, un format de discussion suspendu par Paris après l’empoisonnement de l’opposant Alexeï Navalny, à l’été 2020. Les ministres français des affaires étrangères et des armées, Jean-Yves Le Drian et Florence Parly, ont reçu, à Paris, leurs homologues russes, Sergueï Lavrov et Sergueï Choïgou.

Ce « Conseil de coopération sur les questions de sécurité » avait été mis en place à l’initiative du président Emmanuel Macron, dans une tentative contestée de dialogue stratégique avec la Russie, après un tête-à-tête au fort de Brégançon (Var) avec son homologue Vladimir Poutine, en août 2019. Une perspective de rapprochement plus que jamais éclipsée par l’accumulation des sujets de contentieux. Alexeï Navalny est toujours en prison et la moindre opposition est réprimée par le Kremlin ; pour nombre de capitales européennes, toute tentative de détente est vouée à l’échec.

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Pour justifier ce dialogue « ferme et exigeant », les officiels français avaient d’ailleurs prévenu : il devait s’agir d’aborder les sujets qui fâchent.

D’abord le Mali, dont le gouvernement est tenté de recourir aux services de la société russe de mercenaires, Wagner. Ensuite, l’Ukraine, où le conflit demeure, sur fond de bruit de bottes aux frontières, côté russe. Enfin, car c’est le dernier contentieux en date, la « guerre hybride » lancée par Minsk sur le front migratoire, en instrumentalisant l’arrivée de migrants aux frontières de la Pologne et de la Lituanie, deux pays en pointe pour dénoncer le régime d’Alexandre Loukachenko, depuis sa réélection frauduleuse voici plus d’un an.

Echanges stériles

La rencontre à quatre a tenu toutes ses promesses. Du côté français, on ne cachait pas, après coup, que les discussions avaient été des plus tendues. Aucune conférence de presse ni aucun communiqué commun n’avaient été annoncés. Chaque partie s’est contentée d’un résumé laconique des échanges, qui, en creux, donne une idée de leur stérilité.

Ainsi, sur la Biélorussie, les deux ministres français « ont condamné le comportement irresponsable et inacceptable des autorités biélorusses concernant l’instrumentalisation de flux migratoires visant plusieurs pays de l’Union européenne [UE] ». Ils ont aussi encouragé Moscou « à mobiliser ses liens étroits avec la Biélorussie pour obtenir qu’il y soit mis fin ». Le compte rendu officiel diffusé par le ministère russe des affaires étrangères évoque plutôt « une situation qui ne peut être résolue que dans le cadre d’un dialogue respectueux entre les parties intéressées et sur la base des droits humanitaires ».

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via LeMonde

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