Equateur : acculé, le gouvernement forcé de négocier la sortie de crise avec les indigènes


Le leader indigène Leonidas Iza, à Quito, le 30 juin.

Baisse du prix du carburant, recul sur les privatisations, limitations de l’extraction minière… Le président, Guillermo Lasso (droite), a été contraint de céder à la plupart des exigences de la Confédération des nationalités indigènes de l’Equateur (Conaie), après dix-huit jours de protestations qui se sont soldées par la mort de six personnes et 500 blessés.

La première réponse des autorités a été, comme lors du soulèvement populaire de 2019, la répression, après l’appel de la Conaie, le 13 juin, à un mouvement de grève illimitée afin de réclamer à l’Etat, entre autres, la baisse du prix du gallon de diesel et d’essence de 0,40 dollar (0,39 euro). Le lendemain, le chef de file de la Conaie, Leonidas Iza, était arrêté (avant d’être rapidement relâché), alimentant la colère des manifestants, qui ont bloqué les voies d’accès à Quito. L’état d’urgence était décrété dans trois, puis six provinces du pays, avec un résultat contraire à celui qui était espéré : les manifestants se sont alors dirigés vers la capitale.

Les protestations n’ont pris fin que lorsque le gouvernement a accepté de réduire de 15 centimes de dollars le prix du gallon et de lever l’état d’exception. La crise s’est ainsi conclue, le 7 juillet, par la mise en place d’une table de négociations entre des représentants du gouvernement et l’un des plus puissants mouvements indigènes d’Amérique latine. Les discussions devaient commencer mercredi 13 juillet et durer quatre-vingt-dix jours.

Mais samedi 9 juillet déjà, M. Lasso remettait de l’huile sur le feu en accusant la Conaie d’avoir subventionné son mouvement de protestation grâce au narcotrafic. Une accusation qui n’a pas manqué de faire bondir Leonidas Iza, chef de file du mouvement, qui a immédiatement réagi sur son compte Twitter : « Dangereuse, la façon dont Guillermo Lasso stigmatise et traite de “narcos” les peuples indigènes et les citoyens qui sont sortis pour protester en rejetant totalement la gestion de son gouvernement. Ces attitudes malveillantes n’aident pas le processus de dialogue qui a commencé. Concentrez-vous sur le fait de gouverner et arrêtez de spéculer. » La reconstruction de la confiance risque d’être longue.

Destitution envisagée

C’est l’Eglise catholique qui accompagnera la mise en place des dix points qui devront être négociés lors des trois prochains mois : entre autres, le contrôle des prix des produits de base – dont l’augmentation affecte plus durement les indigènes, qui représentent 7 % des presque 18 millions d’habitants, et qui sont plus touchés par la pauvreté –, la lutte contre le chômage, une augmentation des budgets de la santé et de l’éducation…

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via LeMonde

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