Etats-Unis : Andrew Cuomo, le héros de la crise du Covid-19 devenu paria

Le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, lors d’une conférence de presse à New York, le 22 février 2021.

Au plus fort de la pandémie de Covid-19, Andrew Cuomo était le père des New-Yorkais. Chaque jour, le gouverneur démocrate de l’Etat de New York donnait ses conseils pour lutter contre le virus lors de conférences de presse – ce qui lui a valu de se voir décerner un Emmy Award, en novembre 2020. Entre Donald Trump, qui proposait de boire du désinfectant, et le mal-aimé maire de New York Bill de Blasio, il était considéré comme le « gouverneur de l’Amérique ». On le voyait interviewé sur CNN par son propre frère, Chris, avec qui il se chamaillait pour savoir lequel d’entre eux était le préféré de leur mère.

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A cette époque, alors que des doutes subsistaient sur Joe Biden, certains déploraient même que le gouverneur de l’Etat, élu à trois reprises depuis 2010, ne fût pas le candidat démocrate à la présidentielle de 2020. Andrew Cuomo, 63 ans, donnait l’image d’un homme qui avait bien géré la crise du Covid, alors que New York en était devenu l’épicentre planétaire. Et puis tout s’est effondré.

Accusations de harcèlement

D’abord sur la gestion du Covid-19 : on a appris que l’Etat de New York avait renvoyé des patients testés positifs dans les maisons de retraite pour libérer des places dans les hôpitaux, ce qui aurait accéléré la pandémie. Il n’avait de plus pas inclus dans les morts de ces établissements les 3 800 patients qui étaient allés mourir à l’hôpital ou chez eux. L’affaire n’a pas changé le nombre total de morts décomptés dans l’Etat de New York (47 500, dont 15 000 personnes originaires des maisons de retraite, quel que soit leur lieu de décès), mais a jeté une lumière crue sur la gestion de ces établissements.

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Les services du gouverneur ont contre-attaqué en affirmant que sa politique était conforme aux directives fédérales et que les contaminations étaient avant tout dues aux soignants. En pleine campagne électorale, Andrew Cuomo ne voulait pas que Donald Trump monte le mauvais exemple (démocrate) de New York en épingle et diligente une enquête fédérale.

Puis sont venues, depuis le début de l’année, les accusations de harcèlement sexuel. L’ancienne assistante du gouverneur, Lindsey Boylan, 36 ans, accuse Cuomo de l’avoir harcelée et de lui avoir proposé, en 2017, une partie de strip-poker à bord du jet privé de l’Etat de New York. Une autre collaboratrice, Charlotte Bennett, 25 ans, a déclaré que Cuomo lui avait demandé, en juin 2020, si elle avait déjà eu des relations sexuelles avec des hommes plus âgés et avait tenté de l’embrasser. Mme Bennett avait fait part de ces griefs à la directrice du cabinet, qui lui avait immédiatement trouvé une nouvelle affectation à l’autre bout du Capitole d’Albany, la capitale de l’Etat.

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via LeMonde

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