Ethiopie : l’ONU dénonce le blocage de l’aide alimentaire au Tigré

Un convoi du Programme alimentaire mondial, stationné après la fermeture des postes de contrôle menant à la région du Tigré, dans la ville de Mai Tsebri, en Ethiopie, le 26 juin 2021.

Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) a appelé, mercredi 28 juillet, à l’ouverture de routes vitales pour l’acheminement de l’aide au Tigré, prévenant que cette région éthiopienne en guerre déjà menacée par la famine risquait de se retrouver à court de provisions alimentaires.

Un convoi du Programme alimentaire mondial (PAM) a été attaqué le 18 juillet sur l’unique route permettant encore la livraison d’aide humanitaire au Tigré, passant par Semera, capitale de la région voisine de l’Afar, avaient annoncé les Nations unies le lendemain.

Près de 150 camions de nourriture et d’autres fournitures sont bloqués à Semera « dans l’attente d’autorisations de sécurité », tandis que 44 autres sont partis mardi en direction du Tigré, a précisé l’OCHA dans un communiqué. Cette route est devenue vitale pour la livraison de l’aide humanitaire au Tigré, après la destruction en juin de ponts cruciaux situés sur d’autres axes.

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Aggravation de la crise humanitaire

Le dernier convoi a atteint la capitale régionale, Mekele, le 12 juillet, et les rations ne permettront de tenir que jusqu’à vendredi, a souligné le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU, ajoutant que les aliments pour quelque 4 000 enfants en état de malnutrition allaient également bientôt manquer.

Après des mois de tensions croissante, le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, Prix Nobel de la Paix en 2019, a envoyé l’armée fédérale au Tigré (Nord) en novembre 2020, pour destituer les autorités régionales, issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Il a déclaré victoire fin novembre après la prise de Mekele, mais les combats se sont poursuivis et, fin juin, les rebelles pro-TPLF ont regagné la majeure partie de la région, dont la capitale.

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Le conflit a aggravé la crise humanitaire, poussant 400 000 personnes dans la famine au Tigré, selon l’ONU. « Le manque de matériel, de carburant et d’équipements de communication devrait porter un coup d’arrêt aux opérations humanitaires dans deux semaines », a affirmé l’OCHA, estimant les besoins à 600 camions d’aide hebdomadaires. L’agence a exhorté les belligérants à protéger les civils et les travailleurs humanitaires.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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