Euro de football : le « Monsieur Corona » helvète sur un terrain semé d’embûches

Daniel Koch, le16 mars 2020, avant une conférence de presse, à Bern, lors de laquelle il a déclaré l’état d’urgence sanitaire face à la propagation du Covid-19.

Pour résoudre le casse-tête que représente un Euro de football dans douze pays en pleine pandémie, l’UEFA a choisi… un sportif. Daniel Koch, connu en Suisse comme le loup blanc depuis qu’il a dirigé avec succès la task force du pays pendant la première vague de l’épidémie due au coronavirus, n’est pas seulement un spécialiste hautement qualifié des maladies transmissibles. Il est aussi champion d’Europe de canicross, discipline qui consiste à courir en binôme avec son chien : l’animal tracte son maître grâce à une laisse que ce dernier porte à la ceinture.

Un sport mineur, du propre aveu de Daniel Koch, mais qui lui a valu de monter sur la plus haute marche du podium du championnat d’Europe, catégorie vétérans, en compagnie de Troy, un chien de traîneau, un jour pluvieux d’octobre 2019. Et d’entendre résonner l’hymne helvétique dans un coin de Belgique où il était venu en camping-car pour l’occasion. Cette cérémonie a eu lieu quelques petites semaines avant qu’une accumulation de cas d’inflammations pulmonaires d’origine inconnue n’alerte les instances sanitaires nationales.

Elu « Suisse de l’année » en 2020

Dès la mi-janvier, la division des maladies transmissibles de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP, équivalent du ministère de la santé en France), que dirigeait Daniel Koch depuis 2008, passait en stratégie de crise et désignait une task force interne pour faire face à ce que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’appelait pas encore une pandémie. Pour tout le monde, la vie telle qu’on la connaissait était sur le point de basculer. Mais pour le sexagénaire, plus encore que pour les autres.

Vu de France, sa méthode ressemble à de la science-fiction. Son raisonnement était le suivant : si on ferme une région, on assistera à des phénomènes de fuite.

Les Suisses l’ont vite baptisé « M. Corona ». Sa popularité dans son pays l’empêche aujourd’hui de faire deux pas dans la rue sans qu’on lui demande un selfie. Au printemps, son bureau croulait sous les lettres de remerciement et les bouquets de fleurs, pour féliciter un homme élu « Suisse de l’année en 2020 » par le quotidien de suisse alémanique Blick.

Vu de France, pourtant, sa méthode ressemble à de la science-fiction : la stratégie de Daniel Koch a consisté, dès les premières frayeurs, en mars 2020, du côté du Tessin, région suisse frontalière de l’Italie du Nord, à ne pas restreindre la liberté de mouvement des citoyens. Son raisonnement était le suivant : si on ferme une région, on assistera à des phénomènes de fuite. Et, si on impose des mesures que la population ne comprend pas, on ne freinera pas la pandémie.

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via LeMonde

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