Eurovision : sous le kitsch, le strass et les paillettes, le poids de la géopolitique

Stockholm, samedi 14 mai 2016. Depuis deux semaines, le Ericsson Globe, une salle omnisports en forme de gigantesque balle de golf, dans le sud de la capitale suédoise, vibre au rythme de l’Eurovision. L’heure de la finale a enfin sonné. Arrivés de toute l’Europe, les fans s’attendent à en prendre plein les yeux et les oreilles. On est ici en terrain conquis : les Suédois aiment l’Eurovision et l’assument. A commencer par la victoire d’ABBA à Brighton, en 1974, avec Waterloo, le royaume scandinave a remporté six fois le concours créé en 1956. Chaque année, Melodifestivalen, l’émission de sélection du candidat national, rassemble facilement 3 millions de téléspectateurs dans ce pays de 10 millions d’habitants.

A 21 heures, résonnent les premières notes du Te Deum H. 146 de Marc-Antoine Charpentier, compositeur du XVIIsiècle. Et c’est parti pour quatre heures de show… Sur les 43 pays inscrits, 20 ont passé les demi-finales. Six sont qualifiés d’office : le big five – la France, l’Italie, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Espagne – ainsi que le pays hôte, la Suède, donc. Les artistes défilent sur scène. Selon le règlement établi par l’Union européenne de radiotélévision (UER), organisatrice du concours, chaque performance ne doit pas dépasser trois minutes.

L’un des événements non sportifs les plus suivis au monde

Rien ne manque : le strass, les paillettes, les décors qui s’enflamment… Pop, rock, folk : les genres se mélangent. Certains chantent en anglais, d’autres dans leur langue. En robe à volant bleu clair, nœuds papillons dans les cheveux, la candidate allemande semble tout droit sortie d’un manga, tandis que les rockeurs chypriotes, en cage, flottent au-dessus d’un nuage de fumée. Dans une fascinante mise en abyme, les deux présentateurs de la soirée, Måns Zelmerlöw, vainqueur en 2015, et l’humoriste Petra Mede se lancent dans une parodie endiablée, intitulée Love, Love, Peace, Peace, où ils raillent tous les travers kitsch de l’Eurovision, qui reste un des événements non sportifs les plus suivis au monde, avec 200 millions de téléspectateurs.

Pour l’entracte, les Suédois ont réalisé un gros coup : Justin Timberlake a fait le déplacement à Stockholm où il interprète en avant-première mondiale son nouveau tube, Can’t Stop the Feeling !, coécrit avec les auteurs-compositeurs suédois Max Martin et Shellback. La star américaine apporte une touche de glamour et de modernité. On en oublierait presque les polémiques diplomatiques qui s’enchaînent depuis des semaines : une affaire de drapeaux interdits, un étendard brandi par une candidate très revendicative, une chanson qui fait enrager la Russie…

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via LeMonde

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