Face à la Russie, l’Ukraine rêve de nouveau à l’OTAN

La président ukrainien, Volodymyr Zelensky, lors d’une remise de médailles à des soldats positionnés près de la ligne de front avec les séparatistes prorusses, le 9 avril, dans la région du Donbass.

L’escalade militaire demeure incertaine, mais la tension diplomatique est établie. « Le Kremlin craint que la guerre civile reprenne en Ukraine », a déclaré vendredi 9 avril Dmitri Peskov, le porte-parole de Vladimir Poutine. « Nous appelons la Russie à cesser ses provocations et à prendre sans délai les initiatives nécessaires pour engager la désescalade », a demandé dans la soirée Jean-Yves Le Drian, ministre français des affaires étrangères, dans un communiqué au ton sec, saluant « la position de retenue » des autorités ukrainiennes. Près de 4 000 soldats russes – estimation américaine – ont été concentrés le long de la frontière, sur leur propre territoire.

La multiplication des incidents sécuritaires dans le Donbass (est de l’Ukraine) suscite l’émoi à Paris et à Berlin, qui s’efforcent de promouvoir une solution au conflit. En sept ans, celui-ci a fait plus de 13 000 morts. Les résultats de cette médiation semblent maigres, mais l’objectif réaliste est d’éviter un dérapage incontrôlé. Dans cette perspective, la soudaine ferveur euro-atlantique du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, provoque une crispation, non par sa nature mais par son opportunité.

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Depuis le sommet de l’Elysée en décembre 2019 au format Normandie (France, Allemagne, Russie, Ukraine), le principal accomplissement était le cessez-le-feu, entré en vigueur le 27 juillet 2020 et largement respecté pendant cinq mois. Mais la mission d’observation de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe a enregistré ces dernières semaines une nette dégradation. Entre les 2 et 5 avril, dans la seule région de Donetsk, elle a comptabilisé 1 424 incidents, contre 594 les jours précédents. Un triplement spectaculaire. Les observateurs ont aussi constaté la présence, de part et d’autre, d’équipements militaires lourds, en principe interdits, dans les zones de désengagement. Les communications GPS des drones de la mission sont aussi brouillées.

Affrontements dans la région du Donbass.

Les mouvements de troupes russes font planer la menace d’un regain de violences, voire d’une vaste opération. Certains experts doutent de l’intérêt d’un tel engagement en raison de son coût multiforme. D’autres parient sur une opération ciblée, au nom de la politique du fait accompli favorisée par le Kremlin. L’un des objectifs possibles serait le déblocage par la force du canal de Crimée du Nord, long de 400 km, qui alimente la péninsule ukrainienne avec les eaux du Dniepr. Depuis l’annexion de ce territoire par la Russie en 2014, son débit est très limité et les réserves d’eau locales s’assèchent. Moscou nie toute intention de cette nature, évoque des exercices classiques.

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via LeMonde

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