Face à l’Iran, les EAU beaucoup plus prudents que leur nouvel allié israélien


Le conseiller diplomatique du président des Emirats arabes unis, Anwar Gargash, lors d’une conférence de presse à Chypre, le 16 avril 2021.

Alors que la visite de Joe Biden au Moyen-Orient se poursuit, sur fond de montée des tensions avec l’Iran, les Emirats arabes unis (EAU) optent pour l’apaisement avec Téhéran et ils le font savoir. Vendredi, en amont de la visite à Paris du président émirati, Mohammed Ben Zayed (« MBZ »), son conseiller diplomatique Anwar Gargash a annoncé qu’Abou Dhabi envisageait de renvoyer prochainement un ambassadeur en Iran, six ans après avoir abaissé le niveau de sa représentation à Téhéran.

« Nous sommes en plein processus pour envoyer un ambassadeur en Iran, a affirmé M. Gargash lors d’un point de presse. Notre ministre de l’environnement et du changement climatique [Mariam Bint Mohammed Saeed Hareb Almheiri] était en Iran il y a quelques jours [le 12 juillet]. Nos échanges avec l’Iran se poursuivent au niveau ministériel. Ainsi, nous donnons le signal que la confrontation avec Téhéran n’est pas une option pour nous. Si cela a lieu, nous n’en ferons pas partie. »

Ces mots envoient un signal de désescalade clair à l’Iran, au moment où les Etats-Unis et Israël durcissent leurs discours vis-à-vis de la puissance chiite. Vendredi, Joe Biden a achevé son voyage en Israël, ennemi juré de l’Iran, où il a signé un partenariat stratégique dont le but principal est de ne pas permettre à Téhéran de se doter de l’arme nucléaire et de « faire face à ses agressions et activités déstabilisantes », selon la déclaration. Le locataire de la Maison Blanche est ensuite parti en Arabie saoudite, chef de file du camp sunnite au Proche-Orient et rival régional de l’Iran. Le président américain devait participer, samedi, à une réunion du Conseil de coopération du Golfe, en présence des dirigeants jordanien, égyptien et irakien. Au centre des discussions, l’élaboration d’une architecture de défense régionale, censée contrer les menées iraniennes.

En 2016, après le saccage de l’ambassade saoudienne à Téhéran par des manifestants révoltés par l’exécution d’un imam chiite saoudien, les pays du Golfe ont réduit de manière significative leurs relations avec la République islamique d’Iran. Depuis et notamment après la sortie unilatérale de l’ancien président américain Donald Trump (2017-2021) du « deal » sur le nucléaire avec Téhéran, en 2018, les Emirats arabes unis ont durci leur position face à l’Iran, apparaissant parfois comme l’un des pays les plus déterminés du front anti-Téhéran.

Ce sentiment s’est accru en 2020, lorsque les Emirats ont normalisé leurs relations avec Israël, le fer de lance de la confrontation avec la république islamique. L’année précédente, les attaques et les arraisonnements de tankers et de bateaux par des acteurs pro-iraniens s’étaient multipliés dans le golfe Persique, notamment au large de Foujeyra, l’une des cités-Etats des EAU. En janvier 2022, trois personnes ont été tuées aux Emirats dans une attaque de drones imputée aux rebelles houthistes, une rébellion pro-iranienne qui combat le pouvoir central au Yémen, aidée par une coalition pilotée par Riyad.

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via LeMonde

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