Face à Omicron, les Etats-Unis décidés à garder les écoles ouvertes

Une élève montre le résultat négatif de son test Covid-19 à l’entrée du collège Olive-Vista, à Sylmar, en Californie, le 11 janvier 2022.

LETTRE DE WASHINGTON

Pitié, ça ne va pas recommencer ! Voilà résumé sommairement l’état d’esprit des parents d’élèves, aux Etats-Unis, en ce début d’année 2022. Ici comme en Europe, la vague Omicron submerge le pays. En deux semaines, la moyenne quotidienne de nouveaux cas s’établissait le 11 janvier à près de 740 000. Il y a plus de 4 400 enfants sur 146 000 hospitalisations. Tandis que les médias multiplient les informations inquiétantes sur les contaminations touchant les moins de 5 ans, la question de la continuité scolaire et du recours à l’enseignement à distance se pose à nouveau pour les plus âgés. Une catastrophe psychologique, économique et pédagogique, expérimentée pendant près d’une année scolaire entière dans le pays, en 2020-2021.

La Maison Blanche veut éviter une répétition. Le coordinateur de la lutte contre le Covid-19, Jeff Zients, a expliqué au cours d’une conférence de presse, le 5 janvier, que le pays disposait de « tous les outils » pour affronter cette vague Omicron. « Le président ne peut pas être plus clair : les écoles dans ce pays doivent rester ouvertes », a-t-il rappelé. Pourtant, comme souvent aux Etats-Unis, cet objectif fédéral souffre d’exceptions en pratique. A Milwaukee, à Cleveland, ou bien dans des districts autour de Detroit, Chicago et la capitale Washington, les établissements ont été contraints de fermer provisoirement leurs portes, faute d’enseignants valides, ou en raison d’élèves malades en trop grand nombre.

Situation tendue à Chicago

Selon la plate-forme de données Burbio, au cours de la première semaine de l’année, près de 5 400 écoles étaient concernées par des fermetures de classes dans l’ensemble du pays, sur un total d’environ 100 000 établissements publics. Ce chiffre, qui représente les plus graves perturbations depuis la rentrée de septembre, a baissé depuis. La situation a été particulièrement tendue à Chicago, jusqu’au 10 janvier. Ce jour-là, les syndicats d’enseignants et la municipalité démocrate sont parvenus à un accord en vue d’une reprise des cours, après une confrontation spectaculaire par médias interposés. Les mesures de sécurité sanitaire seront renforcées, notamment la pratique des tests et du traçage des personnes malades, comme le souhaitait la principale organisation syndicale.

Dans un coup d’éclat, cette dernière avait voté en faveur des cours à distance. Cette prise de position, qui distinguait Chicago des autres grandes villes américaines, avait entraîné la suspension des activités scolaires pour 340 000 élèves. A l’instar d’Eric Adams, son homologue à New York, la maire, Lori Lightfoot, s’opposait totalement aux cours à distance en raison de la longue et dramatique expérience des confinements prolongés, pour les parents comme pour les enfants. D’autant que les facilités offertes à l’origine pour le développement du télétravail par l’administration fédérale n’existent plus. Lori Lightfoot, qui avait parlé de « grève unilatérale et illégale », s’était en même temps opposée à la systématisation des tests, en affirmant qu’elle ne voulait pas priver les parents de cette prérogative. Ce traçage serait « moralement répugnant », avait-elle même osé.

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via LeMonde

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