Face à Pékin, la Papouasie-Nouvelle-Guinée poursuit son rapprochement avec l’Australie


Le premier ministre de Papouasie-Nouvelle-Guinée, James Marape, s’exprime devant le parlement après avoir prêté serment pour son second mandat de premier ministre à Port Moresby, le 9 août 2022.

La reconduction du premier ministre, James Marape, le 9 août, en Papouasie-Nouvelle-Guinée a rassuré l’Australie. Sous son impulsion, depuis son arrivée au pouvoir en 2019, le pays s’est davantage tourné vers Canberra que vers Pékin. Avec son prédécesseur, Peter O’Neill, entre 2011 et 2019, la Papouasie-Nouvelle-Guinée (« PNG »), qui se veut « l’amie de tous et l’ennemie de personne », avait largement ouvert ses portes à la Chine, première destination de ses exportations. Depuis, l’Australie a renforcé son statut de partenaire privilégié, notamment en multipliant les projets dans des domaines-clés. Elle finance ainsi un système de câbles Internet sous la mer de Corail, a soutenu le rachat de la compagnie de télécommunications papouasienne, Digicel, par l’australienne Telstra, et va dépenser plusieurs centaines de millions d’euros pour moderniser les ports du pays.

Ancienne puissance coloniale, l’Australie avait envoyé plus de 130 militaires avec des moyens aériens pour participer à la sécurisation du processus électoral, en juillet. Distante d’à peine quelques centaines de kilomètres de la côte sud de la « PNG », elle reste le principal partenaire politique, économique et stratégique du pays, situé à un carrefour stratégique du Pacifique, ainsi que son premier soutien en matière d’aide au développement. Alors que, depuis plusieurs années, Pékin gagne en influence dans le Pacifique Sud, elle n’a aucune intention de baisser la garde. Le nouveau chef du gouvernement australien, Anthony Albanese, devrait être le premier dirigeant étranger à se rendre en Papouasie-Nouvelle-Guinée après la réélection de James Marape.

Comme le note Ian Kemish, ancien haut-commissaire de l’Australie en Papouasie-Nouvelle Guinée, « La Chine a tendance à faire de grandes annonces, mais n’investit pas toujours suffisamment pour concrétiser ses projets. Elle a de plus gros poissons à pêcher ailleurs. Tandis que Canberra a une approche à plus long terme. »

Pauvreté et sous-développement endémiques

Fort de sa réélection à l’issue des élections législatives de juillet – entachées de violences –, le premier ministre se veut résolument optimiste. Il souhaite que la Papouasie-Nouvelle-Guinée devienne « la nation noire chrétienne la plus riche de la terre ». Son pays, une île immense, chrétienne à 96 %, est en effet très bas dans la liste des nations classées par ordre d’« indice de développement humain » par l’ONU : 155e sur 189. Cela fait trois ans, depuis le début de son premier mandat, que M. Marape, 51 ans, réitère des promesses en forme de mantra : une « meilleure répartition des revenus de l’exploitation des ressources naturelles » et des « infrastructures qui marchent ».

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via LeMonde

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