Face à une nouvelle flambée épidémique sur son sol, l’Inde suspend l’exportation du vaccin AstraZeneca

Un médecin reçoit une injection du vaccin d’AstraZeneca fabriqué par Serum of India, dans le cadre du programme Covax, lors d’une cérémonie célébrant le début de la vaccination à Mogadiscio, en Somalie, le 16 mars 2021.

L’approvisionnement mondial en vaccins anti-Covid-19 connaît de nouveaux soubresauts. L’Inde, l’un des plus gros fabricants au monde, a décidé de suspendre les exportations de la formule britannique d’AstraZeneca produite sur son sol sous le nom de « Covishield » (« bouclier anti-Covid »), afin de répondre en priorité à la deuxième vague épidémique qui la submerge à une vitesse fulgurante depuis la mi-février.

Jeudi 25 mars, l’Unicef a fait état « d’un échec dans l’obtention des licences d’exportation pour les doses supplémentaires de vaccins qui devaient être expédiées en mars et avril » par le Serum Institute of India (SII), la plus grande usine de vaccins de la planète. Ces doses étaient destinées aux pays bénéficiaires du programme international Covax mis sur pied pour financer les campagnes de vaccination des pays pauvres par les pays riches. D’après l’Unicef, la firme indienne, basée dans la ville de Pune, est « confrontée à des difficultés pour augmenter rapidement l’approvisionnement et optimiser les processus de production pour ses livraisons ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi A Pune, en Inde, un vaccin anti-Covid est déjà produit par millions de doses

Le SII, qui se refuse à tout commentaire, avait commencé à produire dès l’été 2020 le produit mis au point par AstraZeneca et l’université d’Oxford, sans attendre l’agrément des autorités du médicament, obtenu en Inde le 16 janvier 2021. Il produit actuellement 70 millions de doses par mois et espère atteindre la cadence de 100 millions par mois à compter d’avril. Jusqu’ici, il a exporté 60,4 millions de doses vers 76 pays, d’abord les voisins, Bangladesh, Népal, Bhoutan, Sri Lanka, puis d’autres parties du monde, Moyen-Orient, Amérique du Sud, ainsi que 17,7 millions de doses au Covax. Ce dispositif a signé un contrat d’approvisionnement pour 1,1 milliard de doses d’ici à 2022 avec le SII, concernant le vaccin d’AstraZeneca pour l’essentiel, mais également celui de la société de biotechnologies américaine Novavax, que l’usine indienne doit commencer à produire bientôt.

51 millions de doses administrées

Dans les faits, les exportations de Covishield auraient été interrompues dès le 18 mars sur ordre du gouvernement nationaliste de Narendra Modi. Les premiers à avoir noté des reports de livraison sont le Brésil, le Royaume-Uni, le Maroc et l’Arabie saoudite. Deux sources anonymes citées par l’agence Reuters affirment que plus aucun vaccin ne sortira d’Inde « tant que la situation sanitaire locale n’aura pas été stabilisée » dans le sous-continent, une question de « deux à trois mois », disent les experts.

Il vous reste 49.26% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

via LeMonde

Total
2
Shares
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Previous Post

Les premiers mots de Bougane après le décès de Thione: “Démam créer na vide bou méti si famille bi”

Next Post

Insolite : Un vendeur de brochettes dissimulait de la drogue dans les sandwichs

Related Posts