Face au Royaume-Uni, le « coup de semonce » des pêcheurs français

Bateau français au large de Jersey, le 18 novembre 2021.

Le port de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) bloqué entre 8 heures et 9 heures, l’accès aux ferries empêché à Calais (Pas-de-Calais) entre 12 heures et 13h30, Eurotunnel verrouillé de 14 à 16 heures et le port de Ouistreham (Calvados) paralysé à 14 heures : ce vendredi, les pêcheurs professionnels français ont décidé de se mobiliser face à « l’attitude provocatrice, méprisante et humiliante du Royaume-Uni à leurs égards », explique Gérard Romiti, Président du comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM).

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Voilà onze mois que les pêcheurs français attendent que le gouvernement britannique leur délivre encore près de 237 licences de pêche pour accéder aux eaux britanniques. « On ne demande que le respect de l’accord conclu le 24 décembre 2020 dans le cadre du Brexit », rappelle Gérard Romiti. Environ un quart des prises françaises en volume proviennent des eaux poissonneuses britanniques. « Les discussions sont en panne et on n’entend pas l’Europe, regrette Dimitri Rogoff, président du Comité régional des pêches de Normandie et des élevages marins. C’est à l’Union européenne d’imposer son rythme au Royaume-Uni. Il faut qu’elle regagne la confiance des pêcheurs. »

Un ultimatum

L’Union européenne et le gouvernement britannique sont en effet dans le viseur des pêcheurs français. « Si le gouvernement français est mobilisé depuis le début à nos côtés, l’engagement de la commission européenne nous pose question », reconnaît Gérard Romiti. Mercredi soir, au terme d’une discussion entre le commissaire européen à l’Environnement et la pêche et le ministre britannique en charge de l’Environnement, la Commission européenne a posé un ultimatum à Boris Johnson : le Royaume-Uni doit régler le litige qui l’oppose à la France autour des licences de pêche avant le 10 décembre.

Selon la ministre de la mer Annick Girardin, 80 % des dossiers seraient aujourd’hui réglés

Voilà plusieurs mois que le Royaume-Uni refuse la mise en place d’une méthodologie claire permettant d’accorder les licences de pêche. Les Britanniques ont introduit de nouvelles conditions absentes de l’accord de commerce et de coopération. Par exemple, ils exigent la preuve par la géolocalisation. Mais ces preuves demandées sont difficiles à fournir pour la plupart des petits navires (moins de 12 mètres), souvent dépourvus de systèmes de géolocalisation. Le Royaume-Uni demande aussi des données complémentaires pour les navires de moins de 12 mètres dans les eaux de Jersey, Guernesey et dans les 6-12 milles.

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via LeMonde

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