Face aux nouvelles sanctions européennes, la Biélorussie se dit prête à renvoyer les migrants

« Nous sommes prêts, comme nous l’avons toujours fait, à les mettre tous dans des avions (...) qui les ramèneront à la maison », a déclaré le président Loukachenko, cité par l’agence d’Etat Belta, lundi 15 novembre.

Dans le bras de fer engagé avec l’Union européenne (UE), le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, semble jouer la carte de l’apaisement. Il affirme que la Biélorussie essaie de faire rentrer chez eux les migrants campant à la frontière entre son pays et l’Union européenne.

« Nous sommes prêts, comme nous l’avons toujours fait, à les mettre tous dans des avions (…) qui les ramèneront à la maison », a-t-il dit, selon l’agence d’Etat Belta, lundi 15 novembre. « Un travail actif est en cours pour convaincre ces gens, “s’il vous plaît, rentrez”, mais personne ne veut rentrer », a-t-il ajouté.

« Je tiens à le souligner, nous ne voulons aucun conflit à notre frontière. Ce serait pour nous absolument dommageable », a aussi déclaré M. Loukachenko, toujours selon Belta, accusant en parallèle la Pologne « d’avoir besoin » de cette crise à cause de ses « problèmes internes » et de tensions avec ses partenaires de l’UE.

Des milliers de migrants, la plupart originaires du Moyen-Orient, campent depuis plusieurs jours à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, sous des températures glaciales, et l’UE accuse Minsk d’avoir organisé ces mouvements migratoires, en délivrant des visas et en affrétant des vols, pour se venger des sanctions occidentales imposées au régime d’Alexandre Loukachenko l’an dernier après la brutale répression d’opposants.

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Le Kremlin a aussi tenu à apporter son soutien à la Biélorussie : « Rejeter toute la responsabilité sur Loukachenko, sur la partie biélorusse, c’est tout à fait erroné », a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, déplorant que l’UE « fasse abstraction des idéaux européens d’humanisme » alors que des milliers de migrants sont bloqués dans le froid sous des tentes de fortune à la frontière avec la Pologne.

Interdiction de vol depuis Dubaï

Des militaires polonais à la frontière avec la Biélorussie, à proximité de Kuznica, en Pologne, lundi 15 novembre 2021.

Dans ce contexte, la compagnie aérienne biélorusse Belavia a annoncé dimanche que Syriens, Irakiens, Afghans et Yéménites étaient désormais interdits de vol depuis Dubaï vers la Biélorussie. « Conformément à la décision des autorités compétentes des Emirats arabes unis, les citoyens d’Afghanistan, d’Irak, du Yémen et de Syrie ne seront pas autorisés à partir du 14 novembre 2021 à bord des vols en provenance de Dubaï à destination de la Biélorussie », a spécifié Belavia dans un communiqué.

« Ces gens, il faut le dire, sont têtus », a ensuite tempéré M. Loukachenko, « ils ne veulent pas rentrer. Il est clair qu’ils n’ont plus où rentrer, plus de domicile, et n’ont rien pour y nourrir leurs enfants ». Minsk est également prêt à évacuer les migrants vers l’Allemagne, si ce pays les accueille, le président biélorusse évoquant une proposition en ce sens, émanant selon lui des autorités municipales de Munich.

Suite aux pressions des diplomates européens, la Turquie a interdit aux Irakiens, aux Syriens et aux Yéménites de se rendre en Biélorussie. La compagnie syrienne privée Cham Wings Airlines a également interrompu ses vols vers Minsk.

Durcissement des sanctions européennes

L’Union européenne, qui a sanctionné la répression des manifestations ayant suivi la réélection contestée d’Alexandre Loukachenko en août 2020, l’accuse désormais de favoriser depuis plusieurs mois une crise migratoire en représailles. L’UE compte désormais élargir ses sanctions contre la Biélorussie en ciblant les compagnies aériennes, les agences de voyages et les différents acteurs impliqués dans le transfert de migrants, a confirmé lundi son haut représentant pour les affaires étrangères, Josep Borrell.

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A son arrivée au Conseil réunissant les ministres des affaires étrangères des Vingt-Sept lundi matin à Bruxelles, le chef de la diplomatie européenne a précisé avoir contacté dimanche le ministre des affaires étrangères biélorusse pour lui signaler que la situation à la frontière avec la Pologne était « totalement inacceptable ».

Heiko Maas, le chef de la diplomatie allemande, a annoncé que l’UE allait « durcir les sanctions » contre la Biélorussie. Le président biélorusse Alexandre « Loukachenko exige que nous supprimions toutes les sanctions. Nous donnerons notre réponse aujourd’hui : nous allons encore durcir les sanctions », a-t-il déclaré. Il a évoqué notamment « plus de sévérité » contre les personnes impliquées dans le trafic de migrants, estimant aussi que « des sanctions économiques sévères sont inévitables ». « Nous allons continuer sur cette voie de la sévérité parce qu’il n’y a pas d’alternative raisonnable », a-t-il ajouté.

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Le Monde avec AP et AFP

via LeMonde

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