Facebook et Instagram ferment tous les comptes de l’armée birmane

Manifestation prodémocratie à Yangon, en Birmanie, le 25 février.

Facebook a fermé tous les comptes restants liés à l’armée birmane, en raison de l’utilisation par la junte de « violences meurtrières » contre les manifestants prodémocratie, a annoncé la plate-forme jeudi dans un communiqué. « Les événements depuis le coup d’Etat du 1er février, y compris des violences meurtrières, ont précipité la nécessité de cette interdiction », écrit Facebook. Seules les pages liées à l’Etat birman mais considérées comme des « services publics essentiels », comme les pages du ministère de la santé, resteront accessibles.

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L’ensemble des pages liées à l’armée sont concernées, sur Facebook comme sur Instragram. Le réseau social avait déjà fermé plusieurs comptes importants liés à l’armée birmane ces dernières semaines, dont « True News », la principale page gérée par le service d’information de la junte.

Depuis le coup d’Etat du 1er février, qui a déposé le gouvernement élu d’Aung San Suu Kyi, l’armée s’est servie des réseaux sociaux pour diffuser des accusations non prouvées de fraude électorale, utilisées comme justification du coup d’Etat. L’armée a également diffusé de multiples appels à la violence contre la minorité musulmane rohingya et contre les manifestants prodémocratie.

Cinq personnes ont été tuées par les forces de sécurité lors de manifestations ces trois dernières semaines, dont un homme de 20 ans, mort ce 24 février à Mandalay, dans le centre du pays. La junte a également coupé l’accès à Internet dans plusieurs régions, pour tenter de limiter l’organisation de manifestations prodémocratie.

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Problèmes de modération

Depuis cinq ans, Facebook a été vivement critiqué pour son inaction face aux messages de haine diffusés en Birmanie, et qui visaient principalement les Rohingya, cibles d’une virulente campagne de violences qui a poussé plus de 750 000 membres de cette minorité musulmane à fuir le pays vers le Bangladesh voisin.

Facebook avait reconnu, il y a deux ans, avoir commis des erreurs dans la gestion de sa modération en Birmanie – des enquêtes de presse avaient révélé que seule une poignée de modérateurs de la firme parlaient birman et souligné la présence de vastes campagnes d’appel à la haine sur le réseau social, particulièrement populaire en Birmanie.

Depuis, le réseau social affirme avoir fortement renforcé ses procédures. La décision de fermer tous les comptes de l’armée a été globalement saluée par les militants des droits de l’homme, mais certaines voix, comme le lanceur d’alerte Christopher Wylie qui avait révélé le scandale Cambridge Analytica, estiment que la décision intervient trop tard. « Il aura suffi de cinq ans de nettoyage ethnique et d’un coup d’Etat militaire pour que Facebook interdise les comptes de l’armée birmane », écrit-il.

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Le Monde avec AFP

via LeMonde

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