France-Algérie : la réconciliation mémorielle à la peine

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Le Mémorial du martyr, « Maqam Echahid », commémorant la guerre d’indépendance algérienne, le 21 janvier 2021 à Alger.

La tentative de réconciliation mémorielle franco-algérienne est à la peine. Près d’un mois après sa remise à Emmanuel Macron, le rapport de l’historien Benjamin Stora sur l’apaisement des mémoires de la colonisation et de la guerre d’Algérie tarde à trouver son débouché politique.

L’Elysée n’a toujours pas fait connaître ses intentions sur les recommandations avancées par l’historien, qui a proposé le 20 janvier une « politique des petits pas » sous la forme de « passerelles » à dresser entre la France et l’Algérie « sur des sujets toujours sensibles » (disparus de la guerre, séquelles des essais nucléaires, partage des archives, coopération éditoriale, réhabilitation de figures historiques…).

Lire aussi France-Algérie : les 22 recommandations du rapport Stora

Le silence de M. Macron pèse d’autant plus sur le climat de scepticisme qui a entouré la réception du rapport que, de l’autre côté de la Méditerranée, les réactions algériennes ont été globalement négatives, même si un changement de ton est perceptible depuis le retour, le 12 février, du président Tebboune à Alger après son hospitalisation en Allemagne.

Face à cette double hypothèque politique, Benjamin Stora, qui était pressenti pour présider la « commission Mémoire et vérité » – chargée de la mise en œuvre pratique des recommandations du rapport –, a décidé de « se mettre en retrait » et d’« attendre » que le pouvoir politique prenne des initiatives, a-t-il confié au Monde. « La balle est maintenant dans le camp de l’Elysée, précise-t-il. Je ne peux pas continuer à prendre des coups, seul, en première ligne. »

La question des « excuses »

En France, le rapport a suscité peu de réactions à droite – hormis un tweet du maire de Perpignan Louis Aliot (Rassemblement national) qualifiant le texte de « honteux » –, tandis que La République en marche (LRM) était aux abonnés absents. A gauche, les Verts, le Parti communiste (PCF), La France insoumise (LFI) et des élus socialistes ont exprimé leur soutien aux propositions de M. Stora. Du côté des « groupes de mémoire » directement intéressés, seuls les harkis ont manifesté leur déception, les autres (pieds-noirs, anciens appelés, enfants issus de l’immigration algérienne) s’étant peu exprimés.

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via LeMonde

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