Fusillade au Texas : l’attitude de la police mise en question


Des policiers après la tuerie dans l’école Robb, à Uvalde, au Texas, le 24 mai 2022.

Deux jours après la tuerie d’Uvalde, au Texas, le déroulé exact du drame et le rôle des forces de l’ordre étaient au centre des questions, jeudi 26 mai, certains parents accusant la police d’avoir fait preuve de passivité. « Il y avait au moins 40 agents armés jusqu’aux dents, mais ils n’ont rien fait jusqu’à ce qu’il soit trop tard », a déclaré à ABC Jacinto Cazares, père de Jacklyn Cazares, 10 ans, tuée lors du massacre dans l’école primaire Robb de la ville texane.

Il a décrit au Washington Post l’attente des parents angoissés devant l’école : « Nous étions cinq ou six pères de famille, nous entendions les coups de feu, et les [policiers] nous disaient de reculer. Nous n’avions pas peur pour nous. Nous voulions prendre d’assaut le bâtiment. Nous disions “Allons-y” tellement nous étions inquiets et voulions faire sortir nos petits. »

Parents repoussés par la police

Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, on peut voir des parents exhortant la police à entrer dans l’établissement. Les images montrent également un agent de police qui repousse sans ménagement des parents tandis que deux autres maintiennent une personne au sol.

L’une des institutrices de l’école, présente dans l’établissement au moment du drame, a raconté que ses élèves regardaient un film de Disney pour célébrer la fin prochaine de l’année scolaire, quand des coups de feu ont retenti. Ses élèves ont alors mis en pratique leurs années d’entraînements pour une telle situation, en se rassemblant en silence sous leur table. Ces entraînements sont devenus la norme dans les écoles aux Etats-Unis, où les fusillades meurtrières se répètent inlassablement d’année en année. « Ils savaient que ce n’était pas un exercice. Nous devions être silencieux, ou sinon nous allions l’alerter de notre présence », a détaillé l’institutrice qui a souhaité garder l’anonymat. Ce qui a suivi, a-t-elle dit, a été « les trente-cinq minutes les plus longues de ma vie ».

Daniel Myers, un pasteur de 72 ans, était arrivé avec sa femme Matilda à l’extérieur de l’école environ trente minutes après l’entrée du tireur dans l’école. Il a décrit à l’Agence France-Presse comment les policiers avaient attendu en l’absence d’une unité spécialisée pour donner l’assaut, et comment les parents assistant à la scène étaient « désespérés ».

Les forces de l’ordre ont affirmé, mercredi, avoir tenté d’empêcher Salvador Ramos, le tireur âgé de 18 ans, d’entrer dans l’école. Mais, après un échange de coups de feu, au cours duquel deux policiers ont été blessés, il est parvenu à se barricader dans une salle de classe. C’est là qu’il a tué dix-neuf enfants, mais aussi deux enseignantes.

Difficultés pour entrer dans la salle de classe

Le directeur du département de la sécurité publique du Texas, Steven McCraw, a déclaré à CNN que Salvador Ramos est resté à l’intérieur de l’école pendant environ quarante minutes avant que la police réussisse à l’abattre. « L’essentiel est que les forces de l’ordre étaient là », s’est justifié Steven McCraw auprès de l’agence Associated Press (AP). « Ils se sont engagés immédiatement. Ils ont coincé [Ramos] dans la salle de classe. »

Le chef de la police aux frontières, Raul Ortiz, dont des agents étaient sur place, a, pour sa part, assuré que ces derniers « n’ont pas hésité ». Ils se sont déplacés rapidement pour se mettre en position afin d’entrer dans le bâtiment, en colonne d’assaut, derrière un agent tenant un bouclier. « Ils ont élaboré un plan. Ils sont entrés dans la salle de classe et ils ont trouvé une solution aussi rapidement qu’ils le pouvaient », a-t-il dit à CNN.

Mais un responsable des forces de l’ordre a déclaré à AP qu’une fois dans le bâtiment ils n’ont pas réussi à entrer dans la salle de classe où était retranché Salvador Ramos et ont dû demander à un membre du personnel muni d’une clef d’ouvrir la porte.

En l’absence de médecin légiste, Eulalio Diaz, un responsable local, a été chargé d’identifier les corps jusque tard dans la nuit, a-t-il raconté au quotidien El Paso Times. « Certains des enfants étaient dans un sale état », a relaté l’élu. Les parents dans l’attente de nouvelles de leurs enfants ont fourni des échantillons d’ADN afin d’accélérer le processus d’identification. Eulalio Diaz s’attend à ce que les corps puissent être inhumés au cours des prochaines quarante-huit heures, le temps de réaliser les autopsies.

Le Monde avec AP et AFP

via LeMonde

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