Glyphosate : une étude européenne cruciale pour prolonger ou non l’usage reportée d’un an


Un agriculteur français pulvérise l’herbicide glyphosate Roundup 720 fabriqué par le géant agrochimique Monsanto, à Piace, dans le nord-ouest de la France, le 23 avril 2021.

C’est une « mise à jour du calendrier d’évaluation » qui inquiète. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) ont annoncé, mardi 10 mai, dans un communiqué commun le report d’un an de la publication d’une étude cruciale sur les effets du glyphosate. Elle était initialement attendue au « second semestre 2022 ».

Bruxelles s’est dite « profondément inquiète » de ce report, à juillet 2023, de cette étude qui doit servir de base à sa décision de prolonger ou non au-delà l’autorisation dans l’UE de cet herbicide controversé, qui court actuellement jusqu’à mi-décembre.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) ont écrit « avoir dû réviser le calendrier des étapes restantes du processus de réévaluation » du glyphosate, en raison du « nombre sans précédent d’observations » reçues par les deux régulateurs, notamment de la part d’experts des Etats membres.

Afin de « prendre en considération » ces centaines de contributions, les deux agences repoussent les conclusions de l’EFSA sur « tous les risques possibles de l’exposition au glyphosate pour les animaux, les humains et l’environnement ».

Autorisation valable jusqu’au 15 décembre

Cette évaluation est indispensable à la Commission européenne pour décider de la prolongation ou non de l’autorisation délivrée à l’herbicide dans l’UE. L’autorisation actuelle, étendue en 2017 pour cinq ans, expire le 15 décembre 2022, mais elle sera automatiquement prolongée jusqu’à la fin du processus d’évaluation, à moins qu’un risque particulier ne soit identifié entretemps.

« Je suis profondément préoccupée par le retard de l’évaluation du glyphosate, tout en prenant note du grand intérêt suscité par le processus d’évaluation », a commenté la commissaire à la santé Stella Kyriakides. « J’ai demandé aux agences de faire tout leur possible pour achever leurs travaux dans les meilleurs délais (mais) il est extrêmement important que toutes les nouvelles preuves soient soigneusement examinées et prises en compte », a-t-elle souligné, rappelant que « les pesticides dont l’innocuité n’a pas été démontrée sont interdits » dans l’UE.

Dans un premier temps, fin mai-début juin selon le nouveau calendrier, l’ECHA devrait publier son « évaluation des risques » liés au glyphosate pour la santé humaine, déterminant notamment si l’herbicide doit être considéré comme cancérogène, mutagène, toxique pour la reproduction ou perturbateur endocrinien.

Ce rapport de l’ECHA pourrait conduire la Commission européenne à décider, bien avant l’échéance de mi-décembre, de ne pas reconduire l’autorisation du glyphosate, par exemple s’il est reconnu cancérogène. Dans le cas contraire, la réglementation oblige Bruxelles à prolonger l’utilisation jusqu’au terme du processus d’évaluation.

Le Groupe d’évaluation du glyphosate, composé de quatre Etats membres rapporteurs (France, Hongrie, Pays-Bas et Suède), doit rendre d’ici « fin septembre » à l’EFSA un avis actualisé, avant une série de consultations et les conclusions du régulateur.

La France s’est donné pour objectif de sortir de l’essentiel des utilisations de ce désherbant classé comme « cancérogène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) en 2021, avant une interdiction totale en 2023. Des organisations agricoles s’y opposent, pointant l’absence de produit de remplacement.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Instagram

#LuBess