Guerre en Ukraine : après la chute de Lyssytchansk, la bataille de Donetsk


Eléments d’une unité d’artillerie motorisée ukrainienne, entre Lyssytchansk et Sievierodonetsk, dans le Donbass, le 24 juin 2022.

La ville de Lyssytchansk est tombée aux mains des troupes russes, dimanche 3 juillet, l’armée ukrainienne ayant confirmé, quelques heures après l’annonce victorieuse de Moscou, avoir donné l’ordre à ses combattants d’évacuer la ville. Après la chute de Sievierodonetsk, dix jours auparavant, le 24 juin, l’Ukraine a de facto perdu le contrôle de la province de Louhansk, l’une des deux régions du Donbass, même s’il reste aux forces russes encore quelques villages à conquérir.

La chute de Lyssytchansk était écrite non seulement depuis celle de Sievierodonetsk mais surtout depuis que la fragile route de ravitaillement la reliant encore à la province voisine de Donetsk était en passe d’être coupée. Outre que les bombardements contre Lyssytchansk devenaient trop intenses pour des forces ukrainiennes manquant encore, dans la poche de Louhansk, d’artillerie et de munitions, le risque était surtout que les défenseurs ukrainiens s’y retrouvent encerclés. Or, depuis le siège de Marioupol, qui s’est achevé le 20 mai sur la reddition des forces ukrainiennes, Kiev veille à ne pas rééditer ce genre d’humiliation et à éviter à tout prix que ses soldats se retrouvent encerclés.

« Afin de préserver les vies des défenseurs ukrainiens, la décision a été prise de se retirer [de Lyssytchansk], a annoncé l’état-major ukrainien dans un communiqué. Dans les conditions d’une supériorité des troupes russes en artillerie, en forces aériennes, en systèmes de lancement de missiles, en munitions et en personnels, continuer la défense de la ville aurait eu des conséquences fatales. »

Défaite territoriale cuisante pour l’Ukraine

Ce que Sievierodonetsk et Lyssytchansk ont en revanche en commun avec Marioupol, port du Donbass sur la mer d’Azov, est le fait que l’armée russe ne parvient à conquérir que des localités extrêmement détruites – le gouverneur de Louhansk, Serhiy Hayday, a qualifié Lyssytchansk de « ville en feu » – presque entièrement vidées de leurs populations.

Bien que les habitants du Donbass soient russophones et aient pris l’habitude de la guerre depuis 2014, 90 % d’entre eux ont choisi, depuis le déclenchement de l’invasion russe, le 24 février, le côté ukrainien. Face au déluge de feu qui s’est abattu sur leur région, ils ont fui ailleurs en Ukraine ou à l’étranger. L’armée russe conquiert donc des villes qui sont non seulement en ruines mais où seuls 10 % des habitants, souvent les plus âgés, les accueillent éventuellement avec bienveillance. Une région fantôme. On est loin du discours officiel du Kremlin sur la « libération » des russophones d’Ukraine.

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via LeMonde

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