Guerre en Ukraine : Emmanuel Macron souhaite une « réévaluation » de la loi de programmation militaire


Emmanuel Macron, à Villepinte, le 13 juin 2022.

Lors de l’inauguration, lundi 13 juin, à Villepinte (Seine-Saint-Denis), du salon Eurosatory, un des plus importants salons mondiaux d’armement, Emmanuel Macron a annoncé une « réévaluation » de la loi de programmation militaire (LPM) qui planifie les dépenses des armées jusqu’en 2025. Cette déclaration ouvre la porte à une nouvelle hausse du budget des armées, même si l’échéance n’a pas été précisée, alors que la guerre en Ukraine a mis au jour la faiblesse des stocks d’un certain nombre de munitions et d’équipements militaires.

« J’ai demandé au ministre [des armées] et au chef d’état-major des armées de pouvoir mener dans les semaines qui viennent une réévaluation de cette loi de programmation militaire à l’aune du contexte géopolitique », a ainsi affirmé le chef de l’Etat lors de ce déplacement, accompagné pour l’occasion du ministre des armées, Sébastien Lecornu, et du général Thierry Burkhard. Cette « réévaluation » doit amener la France à entrer dans une « économie de guerre », a ajouté le président de la République.

Après des années de disette, le budget des armées a amorcé une remontée en puissance à partir de 2017. Aujourd’hui de 40,9 milliards d’euros, il doit atteindre les 50 milliards d’ici à 2025. Les programmes sur lesquels sont fléchées ces dépenses font toutefois l’objet d’un réexamen annuel au gré de l’évolution des priorités stratégiques, tandis que l’augmentation du budget en tant que tel, prévu par la LPM, doit être validée par le Parlement chaque année. L’enjeu aujourd’hui est donc double : savoir si la hausse du budget initialement prévue pour 2023 – d’un montant de 3 milliards d’euros – va être maintenue ou augmentée, et si une partie va être orientée vers les stocks d’armement ou si ces dépenses vont être renvoyées à 2025.

« Un signal envoyé aux électeurs »

M. Macron n’a pas précisé ce qu’il entendait précisément par « réévaluation » de la LPM. Interrogé, le cabinet du ministre des armées considère que l’annonce présidentielle est à lire comme « une garantie que la marche de 3 milliards d’euros prévue en 2023 pour la LPM sera bien respectée ». Une marche beaucoup plus importante que celles des années précédentes (d’environ 1,7 milliard d’euros), ce qui faisait jusqu’ici douter les détracteurs de la majorité présidentielle. « Cette hausse nécessitera toutefois l’approbation du Parlement. L’annonce du chef de l’Etat est aussi un signal envoyé aux électeurs pour les législatives », poursuit-on au cabinet de M. Lecornu.

Malgré l’importance des sommes engagées, les spécialistes considèrent que l’actuelle LPM permet seulement de moderniser pour partie les équipements vieillissants des armées, pas de regagner en « masse », donc en volume. Augmenter les stocks d’armement dès cette année impliquerait des choix cornéliens pour les armées, même avec une hausse de 3 milliards. Les pistes actuellement étudiées par la direction générale de l’armement sont plutôt orientées sur des évolutions dans les processus industriels de fabrication d’armement, afin de pouvoir accélérer la cadence sans délai si les circonstances l’exigeaient.

via LeMonde

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