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A Boutcha, réparer les destructions et laver la présence des Russes sont devenus l’obsession des habitants

Après le retrait des Russes, le 31 mars, le silence s’est abattu d’un coup sur Boutcha. Il s’est engouffré dans les rues, les jardins, les foyers, et a enveloppé la ville tout entière. Deux mois et demi ont passé depuis que les occupants ont quitté les lieux, dans la banlieue de Kiev, en Ukraine, et ce n’est que maintenant que reviennent peu à peu les bruits du quotidien, lentement, sous une forme parfois étrange, comme si la vie, ici, s’était distordue.

« Chaque jour, sur le chemin, je vois un nouveau morceau d’asphalte. On nettoie, on reconstruit, mais on sait qu’il est impossible d’effacer le souvenir de ce qui s’est passé. » Boris Tkachenko récupère tout ce que les occupants ont laissé derrière eux. « On va faire un musée », explique-t-il en montrant ses trouvailles, entreposées par terre, derrière l’entrée du bar. Sa collection compte déjà deux casques, des munitions usagées, un morceau de roquette, une ration alimentaire, un tee-shirt et un masque à gaz.

Le grand nettoyage continue aussi le soir, quand il rentre chez lui. Les soldats russes ont occupé sa maison et souillé le lit, le canapé, et brûlé la table avec des mégots. Ils ont aussi laissé pourrir de la viande dans chaque pièce en guise de cadeau d’adieu, « pour que ça pue ». Rien de comparable, pourtant, à l’odeur qui a pris Boris à la gorge lorsque les procureurs et les experts ont exhumé les corps enterrés au sein d’une fosse commune, dans le jardin de l’église, près de la maison de ses parents.

Aujourd’hui, à Boutcha, l’odeur de mort a disparu, et laissé la place à celle de l’herbe coupée. Les tondeuses s’activent au pied des immeubles défoncés. Des agents d’espaces verts ont planté des géraniums près de la grande inscription qui accueille les visiteurs à l’entrée de la ville, « Merci à l’armée d’avoir libéré Boutcha ». Ils ont enlevé les arbres à demi-arrachés par les obus et taillé les haies, près du cimetière de voitures calcinées.

Lire aussi : Guerre en Ukraine : à Boutcha, le lent retour à la vie

via LeMonde

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