Guerre en Ukraine, en direct : Kiev ne déminera pas le port d’Odessa, pour reprendre les exportations de céréales, de peur d’une attaque russe

La Russie « prête », avec la Turquie, à garantir la sécurité des navires ukrainiens

La Russie est « prête » à garantir la sécurité des navires céréaliers quittant les ports ukrainiens, avec la coopération de la Turquie, a assuré mercredi son ministre des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à Ankara. « Nous sommes prêts à garantir la sécurité des navires qui quittent les ports ukrainiens (…) en coopération avec nos collègues turcs », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse avec son homologue turc, Mevlüt Çavusoglu.

M. Lavrov est arrivé mardi soir à Ankara pour discuter de l’instauration de corridors sécurisés afin de faciliter les exportations de céréales en mer Noire. A la demande des Nations unies, la Turquie a proposé son aide pour escorter ces convois depuis les ports ukrainiens, malgré la présence de mines dont certaines ont été détectées à proximité des côtes turques, dans le contexte de l’invasion russe de l’Ukraine. Pour M. Çavusoglu, « le plan de l’ONU est raisonnable et réalisable. L’Ukraine et la Russie devraient l’accepter ».

L’Ukraine, quatrième exportateur mondial de maïs, était en passe de devenir le troisième exportateur mondial de blé avant la guerre. Le conflit en cours depuis le 24 février fait flamber les prix et peser un grave risque de famine dans les pays qui en dépendent, en particulier en Afrique et au Moyen-Orient.

Le ministre turc a également estimé que la levée des sanctions visant les exportations agricoles russes est « légitime ». « Si nous devons ouvrir le marché international ukrainien, nous pensons que lever les obstacles aux exportations russes est légitime », a déclaré M. Çavusoglu. M. Çavusoglu a spécifiquement mentionné les exportations « de céréales et d’engrais » qui ne sont pas concernées par les sanctions occidentales à l’encontre de Moscou mais sont, de fait, empêchées par la suspension des échanges bancaires et financiers.

Juste avant la guerre, Kiev exportait chaque mois 12 % du blé mondial, 15 % du maïs et 50 % de l’huile de tournesol. « En ce moment nous avons 20 à 25 tonnes bloquées. Cet automne on pourrait atteindre 70 à 75 millions de tonnes », a alerté lundi le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

L’Ukraine refuse de déminer le port d’Odessa pour permettre la reprise de ses exportations de céréales, car elle craint que les forces russes n’en profitent pour attaquer la ville, selon le porte-parole de l’administration de la région d’Odessa, Sergey Bratchuk. Si l’Ukraine démine le principal port du pays, la Russie « voudra attaquer, elle rêve de parachuter des troupes », a-t-il déclaré dans un message vidéo sur Telegram. « La flotte russe de la mer Noire fera semblant de se retirer vers la Crimée annexée. Mais dès qu’on déminera les accès au port d’Odessa, la flotte russe sera là », affirme-t-il.

via LeMonde

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