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Gaz russe : la maintenance de Nord Stream plonge l’Europe dans l’inconnu

L’Allemagne, et avec elle l’Europe, sont entrées lundi dans une période de grande incertitude concernant leurs importations de gaz russe, déjà fortement réduites ces dernières semaines et qui pourraient bientôt se tarir complètement. Le groupe russe Gazprom a entamé, dans la matinée, les travaux de maintenance des deux gazoducs Nord Stream 1, qui acheminent une grande quantité du gaz russe à l’Allemagne ainsi qu’à plusieurs autres pays de l’ouest de l’Europe. « Nord Stream est arrêté (…), ce qui signifie que le gaz ne circule plus », a confirmé lundi le ministère de l’économie allemand.

Cet arrêt, pour dix jours, des deux tuyaux, annoncé de longue date, ne devait en théorie être qu’une formalité technique. Néanmoins, dans le contexte de la guerre en Ukraine, personne ne peut parier sur la suite. « Nous sommes confrontés à une situation inédite, tout est possible », a reconnu ce week-end le vice-chancelier allemand, Robert Habeck, interrogé sur la radio publique allemande. « Il est possible que le gaz coule à nouveau (…). Il est possible que plus rien ne vienne, et nous devons nous préparer, comme toujours, au pire », a-t-il ajouté.

Moscou, arguant d’un problème technique, a déjà réduit ces dernières semaines de 60 % les livraisons de gaz via Nord Stream, une décision dénoncée comme « politique » par Berlin. Ailleurs en Europe, Gazprom a fait de même, réduisant ses fournitures à certains pays et les coupant complètement à d’autres (France, Bulgarie, Pologne, Finlande, Danemark, Pays-Bas).

Depuis le début de la guerre, l’Allemagne a fermé un autre gazoduc russe qui devait être mis en service, Nord Stream 2, et fait des efforts pour réduire sa dépendance, mais celle-ci reste encore importante : 35 % de ses importations gazières proviennent de Russie, contre 55 % avant la guerre.

Un arrêt durable de Nord Stream 1 ne pénaliserait pas seulement la première économie européenne : le gaz qui arrive en Allemagne continue à être transporté vers toute l’Europe. En France, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a appelé dimanche à « se mettre rapidement en ordre de bataille » pour faire face à l’éventualité d’une coupure totale des approvisionnements, « option la plus probable ». Un arrêt prolongé des livraisons aggraverait donc la crise énergétique dans laquelle est déjà plongée l’Europe : les prix flamberaient et l’on pourrait craindre un hiver très difficile. En Allemagne, les autorités réfléchissent déjà à des plans de rationnement, et appellent aux économies.

Lire aussi : Les Européens se préparent à un hiver sans gaz russe

via LeMonde

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