Guerre en Ukraine : la Russie accusée d’être derrière la cyberattaque ayant visé le réseau du satellite KA-SAT


L’Ukraine vue de la Station spatiale internationale (ISS), en avril 2020.

L’Union européenne (UE) et le Royaume-Uni ont accusé, mardi 10 mai, la Russie d’être derrière la cyberattaque qui a temporairement paralysé une partie du réseau satellitaire de l’entreprise Viasat dans les premières heures de l’invasion de l’Ukraine par le Kremlin. Dans une déclaration qui engage l’ensemble de ses Etats membres, l’UE « condamne fermement » cette opération, conduite selon elle par « la Fédération de Russie ».

Les autorités britanniques ont fait de même, le Centre national de cybersécurité estimant qu’il est « quasi certain » que la Russie soit derrière la cyberattaque.

« Cette cyberattaque a eu un impact important, causant des pannes et des perturbations de communication à plusieurs entreprises, organismes publics et utilisateurs en Ukraine ainsi que dans plusieurs Etats membres. Cette cyberattaque inacceptable est un nouvel exemple des activités irresponsables que mène la Russie dans le cyberespace et une composante essentielle de son invasion illégale et injustifiée de l’Ukraine », a dénoncé l’UE dans sa déclaration « Il s’agit d’une preuve claire et évidente d’une attaque malveillante et délibérée de la Russie qui a eu des conséquences importantes sur des personnes et des entreprises ordinaires en Ukraine et à travers l’Europe », a pour sa part déclaré la ministre des affaires étrangères britannique, Liz Truss.

Une attaque qui s’est étendue bien au-delà de l’Ukraine

Le 24 février, alors que les chars russes se lançaient à l’assaut de Kiev, le réseau du satellite KA-SAT, géré par l’entreprise américaine Viasat, connaissait d’importantes perturbations, occasionnées par une attaque informatique. Cette dernière visait initialement l’armée ukrainienne, utilisatrice du réseau KA-SAT pour certains de ses échanges. Cette attaque a occasionné « une énorme perte de communication », avait reconnu un responsable ukrainien quelques semaines après les événements.

Mais les effets de cette offensive se sont ressentis bien au-delà des frontières ukrainiennes, touchant des entreprises et des particuliers dans toute l’Europe. Une ferme d’éoliennes en Allemagne a notamment été déconnectée du lien satellite qui en permettait le pilotage. En France, des centaines d’abonnés à Internet par satellite ont vu leur connexion brutalement interrompue.

Compte tenu de la cible initiale et du moment de son déclenchement, peu doutaient de l’identité des responsables de cette cyberattaque. Ce front commun de l’Europe – et plus largement de l’Occident – est cependant notable, car il s’oppose à un acte de guerre mené par la Russie qui a également touché des pays tiers, y compris des membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN).

Des Pays-Bas à l’Estonie, en passant par l’Allemagne ou la République tchèque, de nombreux pays européens ont, par le biais de leurs ministères des affaires étrangères, relayé la dénonciation de la cyberattaque par l’UE. La France, qui n’a pour l’heure jamais formellement attribué une cyberattaque à un pays, a également rejoint le concert de ses alliés par la voix du directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, Guillaume Poupard, sur son compte LinkedIn.

Les pays occidentaux ont pris très au sérieux cette attaque. Selon l’agence Reuters, la puissante National Security Agency, organisme qui dépend du département de la défense américain, a notamment contribué à l’enquête visant à en identifier les responsables. Selon Victor Zhora, directeur adjoint de l’agence de cybersécurité ukrainienne, « de nouveaux faits » ont été découverts récemment, faisant progresser les recherches.

via LeMonde

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