Guerre en Ukraine : « Le danger est maximal pour notre continent »


Wopke Hoekstra, ministre des affaires étrangères des Pays-Bas, lors de la réunion des ministres des affaires étrangères du G20, à Bali, en Indonésie, le 8 juillet 2022.

Wopke Hoekstra (Appel chrétien-démocrate, CDA, centre droit) est ministre des affaires étrangères des Pays-Bas.

La France et l’Allemagne semblent connaître un défaut de leadership sur la question du conflit en Ukraine au profit des pays baltes et de la Pologne, est-ce temporaire ou pas ?

Mon constat est différent. Si nous prenons de la distance, nous constatons un énorme réflexe d’unité au sein de la famille européenne et avec nos alliés nord-américains, japonais, coréens, néo-zélandais et australiens. L’unité est la chose la plus importante dont nous avons eu besoin pour livrer des armes à l’Ukraine, prendre six paquets de sanctions, fournir de l’aide humanitaire. L’une des plus importantes erreurs faites par Vladimir Poutine est qu’il a largement sous-estimé ce niveau d’unité.

Craignez-vous une sorte de lassitude ?

C’est une chose que nous devons gérer collectivement pour éviter que cela arrive. Nous devons continuer à nous engager, car notre réponse à cette guerre dévastatrice, à cette violation brutale de la souveraineté d’un Etat, définit notre identité. Nous devons continuer à aider l’Ukraine, lui livrer des armes, discuter de sanctions, parler de justice à l’égard des crimes de guerre commis, même si nous savons que cela est difficile, et parler de la reconstruction du pays. L’engagement demeure, mais il est important d’expliquer au grand public ce que nous faisons et pourquoi nous le faisons, car le danger est maximal pour notre continent. Poutine mène une guerre du XIXe siècle, sans respect des vies humaines et des règles internationales. Je pense que les gens saisissent ce qu’il se passe pour l’Ukraine, et pour l’Europe en général.

Redoutez-vous une coupure de gaz de la part de la Russie ?

C’est clairement un défi que nous devons gérer en l’anticipant. Nous devons être sûrs de pouvoir continuer à chauffer nos logements, nos usines, nos écoles, nos hôpitaux, à un prix abordable pour les citoyens et les gouvernements. Nous devons combiner cette crise de court terme avec nos objectifs à long terme de lutte contre le réchauffement climatique et de neutralité carbone.

C’est pourquoi nous accélérons le développement des terminaux LNG, et regardons vers les renouvelables. Nous avons également convenu, au sein de la coalition au pouvoir aux Pays-Bas, que l’énergie nucléaire doit faire partie de notre mix énergétique, comme c’est le cas en France depuis des années. Conscients depuis dix ou quinze ans de notre dépendance énergétique au régime de Poutine, nous aurions dû anticiper sur ce point.

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via LeMonde

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