Guerre en Ukraine : le dilemme des Européens face à la demande d’adhésion de Kiev


Le président ukrainien Volodymyr Zelensky et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, à Kiev, le 11 juin 2022.

Pour ce qui est du sort que les Européens réserveront à l’Ukraine, le plus difficile reste à venir, et Ursula von der Leyen le sait. La présidente de la Commission devra éviter que les Vingt-Sept se divisent sur le sujet brûlant d’une accession de Kiev au statut de candidat à l’entrée dans l’Union européenne (UE), sans pour autant donner le sentiment que Bruxelles rechigne à aider le pays en guerre. Vendredi 17 juin, l’exécutif communautaire devrait livrer son avis sur ce sujet – qui concerne aussi la Moldavie et la Géorgie –, mais ce sont les Etats membres qui décideront du sort des trois pays, lors d’une réunion des chefs d’Etat et de gouvernement, prévue les 23 et 24 juin, à Bruxelles.

Dans ce contexte, l’exécutif communautaire cherche à désamorcer les oppositions des Etats membres les plus réticents à la perspective d’un nouvel élargissement – dont les Pays-Bas, la France ou encore l’Allemagne – sans pour autant provoquer la colère de ceux qui militent pour l’adhésion de l’Ukraine, à savoir la Pologne et les Etats baltes, l’Italie et la Grèce. Lundi 13 juin, le collège des commissaires européens s’est donc réuni pour discuter de manière informelle du sujet.

Le « débat d’orientation » a duré plus de trois heures, avec une longue intervention (90 minutes) du commissaire à l’élargissement, le Hongrois Oliver Varhelyi. Il a exposé la situation des trois pays et insisté sur le fait qu’il ne fallait « pas s’emballer », confie un haut fonctionnaire européen, tant l’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie sont éloignées des standards européens, en termes économiques, sociaux, environnementaux ou relatifs à l’Etat de droit. « L’Ukraine est, de tous les pays du continent, le plus mal classé à cet égard. Ce sera difficile à surmonter », commente une source à la Commission. « L’Ukraine est aussi le seul pays où des gens meurent en portant le drapeau européen, et cela aussi doit compter », objecte un autre responsable.

« Lutter contre la corruption »

Lundi, aucun commissaire n’a demandé que le statut de candidat soit refusé à Kiev, même si certains – le Polonais Janusz Wojciechowski (agriculture), la Tchèque Vera Jourova (valeurs et transparence) et l’Estonienne Kadri Simson (énergie) – se sont montrés plus enthousiastes que d’autres. « Tout le monde sait que cela va se faire », commente une autre source.

« Nous voulons soutenir l’Ukraine dans son parcours européen, a assuré Ursula von der Leyen, lors de sa deuxième visite à Kiev, samedi 11 juin. Nous voulons regarder vers l’avenir. » Il lui reste à déterminer quels efforts seront réclamés à l’Ukraine. « Vous avez fait beaucoup, mais il y a encore beaucoup à faire, pour lutter contre la corruption par exemple », a-t-elle dit au président Zelensky. La Commission, vendredi, pourrait laisser planer le doute sur le fait de savoir si le statut de candidat sera accordé à Kiev immédiatement – en sachant que la suite du processus sera conditionnée à des réformes –, ou s’il lui faudra au préalable donner des gages de sa volonté de changer.

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via LeMonde

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