Guerre en Ukraine : « Ne mettons pas en concurrence les crises ! »

Solidaires avec le peuple ukrainien et toutes les personnes souffrant de ce conflit, les organisations de solidarité internationale apportent activement leur soutien en Ukraine et dans les pays limitrophes. La crise ukrainienne est complexe et entraîne des conséquences au-delà des frontières européennes.

Cette guerre touche en premier lieu les territoires sous le contrôle de l’armée russe et leur environnement immédiat en Ukraine et dans les pays frontaliers. Comme dans toute situation de conflit armé, elle génère un afflux de réfugiés et prend les populations civiles pour cible, notamment les femmes, premières victimes des violences basées sur le genre, alors même que les services d’aide aux victimes sont affaiblis.

Au-delà des territoires directement affectés par le conflit, cette crise est à l’origine d’une inflation massive des prix des matières premières, avec des conséquences catastrophiques dans les zones en insécurité alimentaire, déjà durement affectées par les conséquences du changement climatique et de la crise du Covid-19.

Risque de détournement des financements

Le Mali, par exemple – subissant la conjugaison de l’insécurité croissante, de sécheresses récurrentes et du Covid-19 –, a vu un nombre record de 1,2 million de personnes plonger dans une crise alimentaire sans précédent. Les femmes et les filles, cumulant souvent la responsabilité de l’alimentation familiale et les charges domestiques, sont les premières touchées et les premières à subir des diminutions de ration au profit de leur famille.

Face à ces crises multiples aggravées par la guerre en Ukraine, les ONG s’inquiètent du risque de détournement des financements nécessaires au soutien de régions comme le Sahel – ou plus largement, des pays les moins avancés. Le président du Niger a lui-même évoqué sa préoccupation, redoutant que la réponse aux « conséquences européennes » de la crise ukrainienne ne prenne le pas sur des crises plus lointaines.

Les situations de crise et de fragilité ne peuvent être mises en concurrence, ni les réponses être priorisées selon leur proximité géographique. Ces craintes se matérialisent déjà. Certains pays, comme le Danemark ou la Suède, ont indiqué qu’ils procéderaient à une réduction massive de leurs financements vers les pays les moins avancés pour les réorienter vers des opérations en Ukraine, ou pour l’accueil des réfugiés sur leur territoire.

Addition des crises

Selon les chiffres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publiés en avril, l’aide de la France à destination des pays en développement est en hausse depuis quatre ans, et atteint un niveau sans précédent. Cette aide dispose désormais de son propre cadre légal et d’une programmation budgétaire visant à ce que, en 2025, 0,7 % de notre richesse nationale soit consacrée à l’aide publique au développement.

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via LeMonde

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