Guerre en Ukraine : Paris et Berlin marquent leurs différences avec Washington


Le chancelier allemand Olaf Scholz, à droite, et le président français Emmanuel Macron se tiennent devant la Porte de Brandebourg après une réunion à Berlin, lundi 9 mai 2022.

« Ne jamais céder à la tentation ni de l’humiliation ni de l’esprit de revanche », a répété Emmanuel Macron, lundi 9 mai, avant de se rendre à Berlin pour le premier déplacement à l’étranger de son second quinquennat. Le chef de l’Etat s’exprimait à l’occasion de la clôture, au Parlement européen de Strasbourg, de la Conférence sur l’avenir de l’Europe. Il a saisi l’occasion pour prendre ses distances avec les voix qui, aux Etats-Unis, suggèrent de profiter de la guerre en Ukraine pour affaiblir durablement la Russie, de manière à prévenir tout projet belliqueux de sa part.

Au terme d’un récent voyage à Kiev, fin avril, le secrétaire à la défense américain, Lloyd Austin, avait ainsi expliqué que l’objectif était dorénavant de « voir la Russie affaiblie au point qu’elle ne pourrait faire les choses qu’elle a faites en envahissant l’Ukraine ». Une telle perspective n’est pas du goût de Paris, où elle est jugée peu compatible avec les intérêts de sécurité de l’Ukraine et, plus largement, du continent européen. « Les propos se répandent sur l’éventualité d’une défaite stratégique russe. Or, personne ne sait ce que cela signifie », confie un haut diplomate, en mettant en garde contre ce genre de démarche.

Pour une « paix négociée »

Tout en suggérant de créer une « communauté politique européenne », susceptible de réunir autour de l’Union européenne (UE) les pays qui aspirent à y entrer, l’Ukraine en premier lieu, le président français continue de plaider, à terme, pour une « paix négociée » avec Moscou, après un cessez-le-feu encore inatteignable à ce stade, tandis que les combats font rage dans le Donbass. Pour lui, en dépit de la livraison d’armes lourdes à Kiev, pas question de laisser pourrir outre mesure le conflit dans l’idée d’affaiblir la Russie. La priorité reste, si possible, de rétablir l’Ukraine dans ses frontières historiques, ou au minimum, dans celles de l’avant 24 février, date de l’invasion russe.

Le chef de l’Etat considère que c’est aux Ukrainiens de déterminer leurs objectifs de guerre et les conditions d’une éventuelle reprise des tractations avec Moscou, à ce jour dans l’impasse. Pas à leurs alliés européens ou américains. « Il n’appartient qu’à l’Ukraine de définir les conditions de la négociation avec la Russie », a expliqué le chef de l’Etat depuis Strasbourg. L’idée, vue de France, est de se porter garant de la sécurité ukrainienne, tout en restaurant, à plus long terme, celle de l’ensemble du continent européen. « Notre responsabilité est d’obtenir un cessez-le-feu sans qu’il y ait d’extension du conflit sur le reste du sol européen. (…) Mais nous aurons demain une paix à bâtir. Ne l’oublions jamais », a-t-il déclaré.

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via LeMonde

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