Guerre en Ukraine : une amorce de reprise de diplomatie onusienne


Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU à propos de la situation en Ukraine, à New York, aux Etats-Unis, le 5 mai 2022.

Pour la première fois depuis l’invasion russe de l’Ukraine le 24 février, le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé vendredi 6 mai une déclaration unanime s’inquiétant de la paix et de la sécurité de l’Ukraine, et apportant un « ferme soutien » au secrétaire général de l’organisation, Antonio Guterres, « dans la recherche d’une solution pacifique » à la guerre. Ce ralliement de Moscou aux autres membres du Conseil suggère que le Kremlin porterait de l’attention à la médiation des Nations unies – une posture qui s’inscrit dans le sillage de la rencontre entre M. Guterres et le président russe, Vladimir Poutine, la semaine dernière.

Ce texte, présenté par la Norvège et le Mexique, était en gestation depuis le mois de mars, mais a échoué à être validé par les quinze membres du Conseil à plusieurs reprises. En négociation ces deux derniers jours, cette version a le mérite de satisfaire à la fois le camp occidental, qui tenait à montrer un « ferme soutien » à Antonio Guterres, et le camp russe pour qui les termes de la déclaration sont assez vagues. « Ce texte est surtout la reconnaissance que les canaux de négociations turc ou israélien ne fonctionnent peut-être pas tellement, analyse Richard Gowan, du centre de réflexion International Crisis Group. Et qu’à un moment, on va avoir besoin de l’ONU. »

Pour le bloc occidental, depuis le début de la guerre Ukraine, il est important que le Conseil s’exprime d’une seule voix – un objectif difficilement atteignable puisque l’un de ses cinq membres clés est l’agresseur dans ce cas. « Le Conseil est l’unique institution de sécurité politique au monde qui a cette autorité, il est donc essentiel qu’il montre son soutien, uni, au secrétaire général, explique l’ambassadrice de Norvège, Mona Juul. Parce qu’au final, n’importe quel conflit doit atterrir sur la table des négociations : il y aura besoin de l’ONU, du secrétaire général et de ses efforts de médiation. Et des bons offices de toutes les branches des Nations unies, y compris humanitaires. »

Diplomates rassurés

Le fait que la Russie ait voté la déclaration a tout de même surpris de nombreux diplomates. « Il est difficile de comprendre que Moscou puisse à la fois s’engager à un règlement pacifique du conflit conformément à ce que requiert la Charte, et piétiner la même Charte depuis plusieurs mois », avance une diplomate occidentale. « Nous resterons vigilants », précise un autre. « C’est de l’hypocrisie de la part de Moscou qui va l’utiliser à ses fins », prévient un ambassadeur d’Europe de l’Est.

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via LeMonde

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