Hadas Klein, assistante et témoin-clé du procès de Benyamin Nétanyahou


L’ancien premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et son épouse Sara, au tribunal de première instance de Tel Aviv, le 10 janvier 2022.

LETTRE DE JÉRUSALEM

Israël est de nouveau en campagne électorale. La preuve, le 5 juillet, on a vu l’ancien premier ministre Benyamin Nétanyahou laver le pare-brise d’un quidam, dans une station-service de la rue du Roi-David, à Jérusalem. Après quinze ans de règne, l’homme politique espère revenir aux affaires le 1er novembre, au terme des cinquièmes élections législatives depuis 2019. Un record mondial d’instabilité, à laquelle chacun finit par s’habituer.

Pendant ce temps, rue Saladin, dans un quartier de la part orientale, arabe, de la Ville sainte occupée par Israël, le procès de M. Nétanyahou pour corruption, qui a empoisonné les précédentes campagnes, est entré dans une phase passionnante. Un nouveau témoin attire l’attention d’Israël, après deux ans d’audiences qui avaient fini par lasser. En tardant à faire comparaître Hadas Klein, l’accusation semble avoir commis une erreur.

Assistante de haut vol, Mme Klein, 57 ans, a officié durant trente ans aux côtés d’un producteur de cinéma israélien actif à Hollywood, Arnon Milchan. Puis elle est passée au service d’un second homme d’affaires, l’Australien James Packer. D’une voix claire et assurée, Mme Klein décrit la « mécanique » qui a conduit ses deux patrons à fournir à M. Nétanyahou et à son épouse, Sara, des cigares, du champagne et des bijoux, pour un montant total évalué à 200 000 euros. De simples cadeaux d’amis, selon la défense. Une pure affaire d’influence pour l’accusation.

Ce dossier – classé sous le numéro 1 000 – n’est pas le plus grave parmi les trois qu’affronte M. Nétanyahou, accusé de corruption, de fraude et d’abus de confiance. Mais il est le plus à même de frapper l’opinion. Il tient d’un film de genre, tout en saynètes et seconds rôles. Ainsi lorsque Mme Klein décrit ses efforts pour cacher à un vendeur de cigares surnommé « Cookie » à qui sont destinés les Cohiba Behike 56 and les Montecristo Open Eagle qu’elle achète à un rythme soutenu.

Fournitures de registres, de factures et de récépissés

« “Cookie” m’a dit que seul un petit club dans le pays consommait des cigares d’une telle longueur et d’un tel diamètre. » « Alors, qui était-ce ? », veut savoir le fournisseur. « Je payais tout sur ma carte de crédit personnelle, parce que j’essayais de protéger Nétanyahou. “Cookie” ne nous a jamais fait une ristourne. Mais il nous offrait des cigares dominicains en cadeau… Je les acceptais et interrogeais Arnon [Milchan] à leur sujet. Il répondait : “Bien sûr, pourquoi pas ?” Et bien sûr nous ne gardions rien. Nous transmettions les cadeaux à M. Nétanyahou. »

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via LeMonde

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